Réimplantation réussie d’une main

Nourredine Meslouti, commerçant de son état, quitte ce mardi 18 décembre le lieu de son travail pour rentrer chez lui. Elle est vingt heures quand il traverse un quartier presque désert. Là surpris par des agresseurs, il reçoit un coup de sabre qui lui sectionne complètement la main gauche.
Secouru deux heures après l’accident, il est transporté aux urgences de l’hôpital Al Ghassani. Les infirmiers et malades présents ce soir à l’hôpital pensaient que le bonhomme allait perdre définitivement sa main. Mais heureusement un jeune et néanmoins éminent médecin et son équipe ont refusé de céder à la fatalité. Après avoir examiné la victime, le professeur Lotfi Ameziane décide de relever le défi. Rapidement la décision est prise de réimplanter la main coupée. Quand le bloc opératoire fut prêt, le jeune traumatologue entouré de deux de ses élèves médecins résidents, respectivement les docteurs O. Agoumi et A. Ibrahimi passe alors à l’action. Il faut dire que le professeur Ameziane n’en est pas à sa première intervention. Il avait déjà secondé le professeur Wahbi lors d’une précédente réimplantation au CHU de Rabat.
L’intervention a duré cinq heures. Selon le professeur Ameziane : «l’opération a consisté d’abord en une ostéosynthèse puis une suture des deux artères principales de la main puis des nerfs et des tendons.» Cette première phase s’est soldée par un succès éclatant. Nourredine Meslouti doit une fière chandelle à l’équipe médicale qui l’a opéré.
Ayant maintenant retrouvé une main bien vascularisée et vivante, Nourredine doit patienter encore 6 à 9 mois pour qu’elle soit fonctionnelle.
Il va donc suivre le long de ces prochains mois des séances de rééducation ainsi qu’un suivi médical méticuleux.
La complexité d’une telle intervention ainsi que les moyens humains et logistiques requis pour la mener à bien rendent cette réimplantation d’une main au niveau régional un véritable fait d’arme à inscrire à l’actif de la médecine marocaine. Surtout si l’on sait l’état dans lequel se trouvent les infrastructures médicales publiques.
La réussite d’une telle intervention démontre, si besoin est, la nécessité de doter toutes les régions du Royaume de Centres hospitaliers et universitaires.

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