Religion : Le Compagnon du Prophète, `Umayr Ibn Sa`d Al-Ansârî

`Umayr Ibn Sa`d se retrouva orphelin alors qu’il était encore très jeune. Son père mourut, laissant sa mère et lui- même, pauvres et démunis. Puis sa mère se remaria avec l’un des hommes les plus riches de Médine. Il s’appelait Julas Ibn Suwayd de la puissante tribu des Al-Aws. Julas veillait attentivement sur `Umayr et de son coté `Umayr l’aimait autant qu’un fils s’accorde à aimer son père. Il en oublia ainsi qu’il était orphelin.
Au fur et à mesure qu’`Umayr grandissait, l’affection et la tendresse de Julas à son égard grandissaient également. Julas était particulièrement frappé de l’intelligence qu’`Umayr manifestait dans ses affaires ainsi que de son comportement empreint d’honnêteté et de loyauté. `Umayr embrassa l’islam, alors qu’il avait à peine dix ans. La foi trouva en son tendre coeur un refuge sûr et pénétra tout son être. Bien que très jeune, il ne manquait jamais d’accomplir, en son heure, la prière dirigée alors par le noble Prophète (Paix et Bénédiction de Dieu sur Lui). On le retrouvait souvent au milieu des fidèles du premier rang, aspirant à ce repentir promis à ceux qui se hâtent de bonne heure vers les mosquées et s’assoient dans les premiers rangs. Sa mère se réjouissait la première de le voir ainsi aller à la mosquée et en revenir tantôt seul, tantôt accompagné de son mari. Les journées d’Umary se déroulaient ainsi, sans aucun souci dans le calme et la satisfaction. Pourtant cette situation idyllique ne pouvait durer infiniment et `Umayr allait bientôt devoir affronter une bien dure épreuve pour un garçon de son âge, une épreuve qui bouleversera l’atmosphère paisible et aimante de son foyer et ébranlera l’immuabilité de sa foi. Lors de la neuvième année après l’Hégire, le Prophète (Paix et Bénédiction de Dieu sur Lui) fit part de son intention de mener une expédition militaire contre les forces byzantines situées à Tabuk. Il ordonna donc aux musulmans de se préparer. Or, d’ordinaire, lorsque le Prophète (Paix et Bénédiction de Dieu sur Lui) envisageait une campagne militaire, il ne donnait aucun détail sur ses intentions ou encore se dirigeait dans la direction opposée à sa réelle destination. Il agissait ainsi pour des raisons de sécurité afin de prendre à contre-pied les espions de ses ennemis. Il ne le fit pas lorsqu’il annonça l’expédition sur Tabuk, peut-être à cause de la distance conséquente qui séparait cette dernière de Médine, des difficultés énormes qui étaient à prévoir ainsi que de l’écrasante puissance de l’ennemi. D’importantes préparations furent nécessaires à cette expédition.
En dépit du fait que la saison estivale s’annonçait et que ces vagues de fortes chaleurs généraient fatigue et langueur, malgré le début de la période des récoltes, les musulmans répondirent avec enthousiasme à l’appel du Prophète (Paix et Bénédiction de Dieu sur Lui) et se mirent activement à la préparation de l’expédition. Il y avait un groupe d’hypocrites qui extérieurement avaient fait allégeance à l’islam, mais qui à l’intérieur d’eux-mêmes n’y croyaient pas. Ils critiquaient et tentaient d’affaiblir la motivation des musulmans. Ils allaient même jusqu’à ridiculiser le Prophète (Paix et Bénédiction de Dieu sur Lui) lors de leurs assemblées privées. L’incrédulité et la haine étaient scellées dans leurs coeurs.
Un jour, très peu de temps avant que l’armée ne se mette en marche, le jeune `Umayr Ibn Sa`d rentra chez lui après avoir accompli la prière à la mosquée. Il était tout excité. Il venait, en effet, d’être témoin de la générosité et de l’esprit de sacrifice spontanés qui animaient les Musulmans dans leurs préparatifs de l’expédition. Il avait vu les femmes des Muhajirin et des Ansars offrir leurs bijoux et leurs parures pour acheter l’approvisionnement et l’équipement des soldats. Il avait vu Othman Ibn Affan, que Dieu soit satisfait de lui, remettre au Prophète (Paix et Bénédiction de Dieu sur Lui) une caisse contenant près d’un millier de dinars-or ainsi qu’Abdur Rahman Ibn Awl porter sur ses épaules deux cents awqiyyah en or et les placer devant le noble Prophète (Paix et Bénédiction de Dieu sur Lui).

• Abdul Wâhid Hâmid

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