Religion : Les grandes écoles exégétiques (1)

L’école la plus cotée et la mieux versée dans l’exégèse était l’école de la Mecque car son professeur et sheikh n’était autre qu’Ibn `Abbâs, le pontife (arabe : Habr) du Coran et son Interprète (arabe : Turjumân, littéralement : traducteur). L’Imâm Ibn Taymiyah dit : « Les plus grands spécialistes en matière de tafsîr sont les Mecquois car ils sont les compagnons d’Ibn `Abbâs comme Mujâhid, Atâ’ Ibn Abî Rabâh, `Ikrimah – le serviteur d’Ibn `Abbâs, Tâwûs, Abû Ash-Sha`thâ’, Sa`îd Ibn Jubayr et leurs semblables. Il y a également les Kûfiotes parmi les compagnons d’Ibn Mas`ûd et les savants de Médine dans le domaine du tafsîr comme Zayd Ibn Aslam qui enseigna à l’Imâm Mâlik le tafsîr ainsi qu’à son propre fils et à `Abdullâh Ibn Wahb. » [Introduction aux Fondements de l’Exégèse, pp. 23-24] Je me limiterai à la présentation des plus grandes figures des écoles de la Mecque, de Médine, d’Iraq, de Syrie, d’Égypte et du Yémen
A- l’École de la Mecque. Quatre grosses pointures furent les représentants de cette école. On retrouve Saîd Ibn Jubayr, Atâ Ibn Abî Rabâh, Ikrimah le serviteur d’Ibn Abbâs, et Mujâhid Ibn Jabr Al-Makkî. L’affranchi d’As-Sâ’ib Ibn Abî As-Sâ’ib, naquit en l’an 21 A.H. Il est l’un des élèves les plus brillants d’Ibn `Abbâs et celui qui l’accompagna le plus longtemps parmi eux. Al-Fadl Ibn Maymûn dit : J’entendis Mujâhid dire : « J’ai exposé le Coran trente fois à Ibn `Abbâs. » On relate aussi qu’il dit : « J’exposai le Coran à Ibn `Abbâs trois fois m’arrêtant à chaque verset et l’interrogeant à quel sujet il fut révélé et de quelle façon. » [Il n’y a pas de contradiction entre les deux récits car, dans le premier, il s’agissait uniquement de récitation, alors que dans le second, il lui exposait l’exégèse également.] Ibn Jarîr citant la chaîne de garants narre qu’Ibn Abî Malîkah dit : « je vis Mujâhid interroger Ibn Abbâs au sujet de l’exégèse du Coran portant avec lui des tablettes. Alors Ibn `Abbâs lui ordonnait d’écrire jusqu’à ce qu’il l’eut interrogé sur le Coran en entier.
B- l’École de Médine. La Médine fut, après l’Hégire, la demeure de l’Islam et son centre névralgique du vivant du Prophète – que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur Lui. Puis, après le décès du Prophète, elle devint la capitale du califat musulman bien guidé et ce, jusqu’en l’an 40 A.H. approximativement. Quand le pouvoir passa aux mains des Omeyyades et qu’ils eurent transféré la capitale de leur royaume à Damas, la Médine garda son statut privilégié et resta l’un des grands centres du savoir. En effet, la majorité des Compagnons y demeura, ceux-là mêmes dont puisèrent les Successeurs. Le grand professeur de cette école fut Ubayy Ibn Ka`b et parmi les savants les plus réputés de cette école d’exégèse, il y a : Abû Al-Âliyah, Muhammad Ibn Kab Al-Quradhî et Zayd Ibn Aslam. Son père était le serviteur de notre maître Umar Ibn Al-Khattâb. Zayd puisa le savoir auprès de son père et auprès de Abdullâh Ibn Umar, Aïshah et bien d’autres. Il enseigna le savoir et l’exégèse à son fils Abd Ar-Rahmân Ibn Zayd Ibn Aslam ainsi qu’à l’Imâm Mâlik Ibn Anas – l’Imâm de Médine. Il décéda en 136 A.H.
C- Les Exégètes de l’École d’Iraq. L’une des Ecoles qui acquirent une forte compétence scientifique, ses disciples étaient aussi bien à Baghdad qu’à Kûfah qu’à Bassorah (Al-Basrah). Le grand professeur de cette école fut `Abdullâh Ibn Mas`ûd. Quand notre maître `Umar nomma Ammâr Ibn Yâsir en tant que gouverneur de Kûfah, il enviya avec lui `Abdullâh Ibn Mas`ûd en qualité de professeur et de ministre. Les habitants d’Iraq puisèrent de son savoir incessamment et furent influencés par sa technique d’ijtihâd (effort de réflexion permettant de déduire des jugements non explicités dans les sources) en termes de jurisprudence, commandements (ahkâm) et tafsîr c’est-à-dire la liberté d’opinion en matière d’ijtihâd, une attitude bien avisée et souple vis-à-vis des Textes. On relate que Masrûq dit : « Je trouvai le savoir des Compagnons du Prophète – que les salutations de Dieu et Ses bénédictions soient sur lui – réuni dans six d’entre eux: `Umar, `Alî, Ubayy, Zayd, Abû Ad-Dardâ’ et `Abdullâh Ibn Mas`ûd. Le savoir de ces six se trouvait synthétisé en deux d’entre eux : `Alî et `Abdullâh i.e. Ibn Mas`ûd. » Dans une autre variante, il cita Abû Mûsâ au lieu de Abû Ad-Dardâ’. [Les Sciences du Hadîth d’Ibn As-Salâh pp. 262-263] Mais les guerres ne laissèrent pas de temps à Abû Al-Hasan, `Alî pour la narration et le leadership scientifique après le caliphat. De ce fait, le leadership alla à Ibn Mas`ûd.

• Par Sheikh Mohamed Abû Shahbah
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