Religion : Une autre génération d’exégètes par tradition

D’autres générations suivirent et produisirent des écrits en matière de tafsîr comme l’Imâm Ahmad Ibn Hanbal décédé en 241 A.H., Al-Bukhârî décédé en 256 A.H., Baqiyy Ibn Mukhallad Al-Qurtubî décédé en 279 A.H., Ibn Mâjah décédé en 273 A.H., puis Muhammad Ibn Jarîr At-Tabarî décédé en 310 A.H. et Ibn Abî Hâtim décédé en 327 A.H., puis Al-Hâkim décédé en 405 A.H., Ibn Mardaweih décédé en 401 A.H. et Abû Ash-Shaykh Ibn Hayyân et d’autres.
Leur exégèse contenait une compilation de récits attribués aux Compagnons et Successeurs et leurs successeurs et rien d’autre à l’exception du tafsîr d’Ibn Jarîr qui s’appuyait aussi sur des arguments linguistiques basés sur la poésie pour expliquer le sens des termes employés dans le Coran et pour arbitrer entre différents récits et pour préférer les uns par rapport aux autres. Il s’appuyait également sur la grammaire et la déduction et c’est en cela qu’il surpassait les autres.
Il semble que pendant le troisième siècle de l’hégire le tafsîr ne se soit pas encore complètement détaché du hadîth et qu’il y avait dans ce domaine deux approches : celle consistant à rédiger le tafsîr comme partie intégrante du hadîth et celle consistant à l’écrire indépendamment. La meilleure preuve en est l’inclusion par l’Imâm Al-Bukhârî d’un tome sur le tafsîr équivalent au dixième de son ouvrage le Sahîh. Par ailleurs, il rédigea un livre indépendant consacré au tafsîr intitulé Kitâb At-Tafsîr. De même, Ibn Jarîr At-Tabarî choisit l’indépendance dans sa rédaction du tafsîr et ainsi firent Ibn Abî Hâtim, Ibn Mardaweih, et Al-Hâkim.
Ensuite des gens nombreux s’occupèrent de tafsîr. Il abrégèrent les chaînes de garants et transmirent des récits sans les attribuer à leurs narrateurs. Puis, les narrations intruses devinrent plus nombreuses qu’auparavant et le faible se mêla à l’authentique. Tout un chacun ayant une opinion la citait et celui qui avait une idée l’agréait. Puis ceux qui vinrent après eux transmirent ces récits pensant qu’ils avaient une origine crédible sans prêter attention aux recensions des narrations venant du pieux salaf et des fugures sailantes et fiables dans le domaine du tafsîr.
Les exégètes se passionnèrent pour l’abondance des récits au point que certains mentionnèrent dix avis au sujet du verset [de sourate al-fâtihah] : « non pas de ceux qui ont encouru Ta colère, ni des égarés » alors que son interprétation est « les juifs et les chrétiens » d’après les narrations transmises du Prophète – que la paix et les bénédictions d’Allâh soient sur lui – et de tous les Compagnons et Successeurs et leur Successeurs. D’ailleurs, Ibn Abî Hâtim dit : « A ma connaissance, il n’y a aucune divergence entre les exégètes à ce sujet. » [Al-Itqân fî cUlûm Al-Qur’ân, Volume ?, p. 190, Introduction aux fondements de l’exégèse, pp. 33-34]
L’omission des chaînes de garants (isnâd, pluriel : asânîd) favorisa la propagation des légendes israélites dans les livres d’exégèse et la circulation des narrations inventées et mensongères car la mention des chaînes de garants suffit souvent à déterminer la faille, l’emplacement du défaut et qui en est à l’origine.
La coloration des livres d’exégèse par la culture de leurs auteurs Puis des ouvrages furent écrits comprenant en grande partie du ta’wîl (interprétation personnelle) et l’exégèse selon l’effort de réflexion par des savants qui excellèrent dans certaines sciences.
Parmi eux, certains appartenaient à ahl as-sunnah wal-jamâcah et d’autres étaient égarés et innovateurs. Chacun infléchissait l’interprétation vers le domaine où il excellait.

• Sheik Mohamed Abû Shabah
www.islamophile.org

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