Renault-Nissan choisit le Maroc pour un investissement majeur de 600 millions d’euros

Renault-Nissan choisit le Maroc pour un investissement majeur
de 600 millions d’euros

Le Maroc le voulait, Renault l’a fait. Le Royaume va enfin disposer d’une gigantesque usine de construction automobile. Elle sera basée à proximité du port Tanger-Med, là-même où a été signé, samedi dernier sous la présidence de SM le Roi Mohammed VI un «Protocole d’Intention portant sur les modalités d’implantation d’un complexe industriel dans la région de Tanger». Un acte solennel qui devrait aboutir par la signature, d’ici la fin de 2007, de l’accord final, comme l’ont annoncé ses deux signataires, le Premier ministre, Driss Jettou et le président de Renault-Nissan, Carlos Ghosn. Une cérémonie marquée par la distinction dont a fait l’objet Carlos Ghosn que le Souverain a décoré du Grand Cordon du Ouissam Alaouite.
Dans une bonne ambiance et en présence de nombreux représentants de la presse mondiale y compris des journalistes japonais (dont celui de la télévision nationale NHK), les deux hommes ont présenté les grandes lignes de cet ambitieux projet.
Dans son allocution, M. Jettou a ainsi affirmé que ce futur complexe industriel, situé dans la nouvelle zone industrielle franche de Melloussa et adossé au port de Tanger-Med, sera «l’une des réalisations industrielles les plus importantes du Royaume et l’un des centres de production automobile les plus performants du pourtour méditerranéen». Puis de préciser que «le gouvernement, conformément aux orientations de SM le Roi, s’est engagé à mettre à la disposition de l’Alliance Renault-Nissan un terrain d’une superficie de 300 hectares (…) aménagé et équipé, relié par une voie routière et par une ligne ferroviaire spéciale à un quai dédié au port de Tanger-Med».
M. Jettou a également donné quelques chiffres éloquents concernant cette future usine. Sa capacité de production : 200.000 véhicules par an à partir de 2010 (date de sa mise en service) et jusqu’à 400.000 à plus long terme. Son effectif : quelque 6.000 emplois directs et près de 30.000 indirects au niveau des équipementiers.
Des chiffres repris et commentés par M. Ghosn, qui, à son tour, a apporté son lot de clarifications. Mais avant même de rentrer dans le vif du sujet, et juste après avoir rappelé le leadership de Renault et Dacia sur le marché automobile marocain, le grand patron du losange s’est engagé dans un bel élan lyrique concernant la capitale du détroit. Au-delà de sa «situation géographique exceptionnelle», Tanger est une «terre de légende». «On dit qu’après le déluge, c’est ici que Noé descendant de son arche aurait repris contact avec la terre ferme. On dit aussi qu’Hercule, soucieux de préserver la paix entre des peuples belligérants, aurait coupé la terre en deux et ouvert le détroit de Gibraltar afin de les séparer et de ramener la paix…», a déclaré en substance M. Ghosn. Ce complexe industriel, a été baptisé «Hercule». D’abord, en référence à la mythologie tangéroise, ensuite du fait de ses dimensions. Le montant des investissements prévus pour ce projet est en effet estimé à 600 millions d’euros, avec une première phase à 350 millions d’euros. A ce montant s’ajouterait un autre investissement spécifique compris entre 200 et 400 millions d’euros, en fonction de la variété des véhicules produits. Au total, c’est un milliard d’euros que Renault-Nissan compte débourser pour concrétiser le projet «Hercule». Question formation, Driss Jettou s’est montré plus que rassurant : «l’Etat s’emploiera à déployer un effort particulier en matière de formation et de développement des compétences, notamment à travers la mise en place, en partenariat avec Renault-Nissan, à Tanger, d’un Centre de formation de haut niveau spécialisé dans les métiers de l’automobile». De son côté, Carlos Ghosn a assuré que «l’Alliance Renault-Nissan s’engagerait à accompagner le développement des compétences des opérateurs, techniciens et ingénieurs recrutés». Et dans cette usine, seront fabriqués de nouveaux modèles de segment moyen, badgés des logos Renault et Dacia, ainsi que des véhicules utilitaires de nouvelle génération de la marque Nissan. A la question de savoir si ce futur site entraînera l’éventuelle fermeture d’une usine européenne de Renault, M. Ghosn a répondu par la négation, mais non sans argumentation. «C’est une usine qui ne fabriquera pas des véhicules qui, aujourd’hui ne sont pas produits en Europe de l’Est ; donc elle n’est pas en compétition avec nos autres sites industriels», a-t-il dit. Quant à la Somaca, elle ne sera pas en reste, puisqu’il est prévu de porter sa capacité de production annuelle de 30.000 véhicules actuellement à 80.000 dans les années qui viennent. Enfin, tout en remerciant l’attention qui lui a été apportée par le Souverain et le gouvernement marocain, le patron de Renault s’est dit confiant que «le Maroc deviendra une plate-forme stratégique globale du système de production de l’alliance Renault-Nissan, au top niveau de la compétitivité mondiale».

DNES à Tanger

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