Reniement de l’ambition des peuples maghrébins

Reniement de l’ambition des peuples maghrébins

Symptomatique d’un éloignement maladif de la réalité qui lui fait perdre tout sens de la perception, le délire désormais patent dans le camp des adversaires de l’unité territoriale du Maroc élisant domicile à Tindouf, au sud de l’Algérie, est en train de prendre des proportions qui révèlent à quel point la faculté de jugement de ses membres est altérée par les illusions et les mirages qui ont si longtemps nourri son existence.
Ce camp, qui s’est essayé à toutes sortes de discours démagogiques pour défendre une cause qui n’en a jamais été une, monte en effet d’un cran en s’attaquant à l’Union du Maghreb Arabe (UMA) et en se permettant de tracer leur avenir à des dizaines de millions de citoyens maghrébins. «Pas d’UMA sans l’indépendance du Sahara occidental", « le rêve de tous les peuples de la région ne se concrétisera que si le Sahara occidental obtient son indépendance", décrète-t-on dans ce camp en adoptant le ton de la menace et de l’intimidation. Il s’agit là d’une nouvelle facette, particulièrement odieuse, du séparatisme qui après avoir longtemps renié le droit de toute une communauté humaine de revenir dans son pays, le Maroc, se met à présent à renier l’ambition légitimement nourrie par les peuples maghrébins de sceller leur avenir et d’édifier un ensemble maghrébin homogène et complémentaire. Ce faisant, il prétend hypothéquer leur libre choix et confisquer leur libre arbitre. Les peuples marocain, mauritanien, algérien, tunisien et libyen auraient dorénavant besoin de passer par Tindouf pour envisager de construire quelque chose en commun. Le sort des millions de citoyens du Maghreb, que tant de liens unissent, dépendrait désormais du bon vouloir des séparatistes qui détiendraient le pouvoir de bloquer et de débloquer le processus de construction maghrébine.
Si l’on s’en tient à la «logique» du camp adverse, même la réunion des ministres des Affaires étrangères des pays de l’Union du Maghreb Arabe (UMA) de mercredi à Tripoli, qui se fixait entre autres objectifs d’examiner les moyens de renforcer la marche de l’Union et d’appuyer la coopération entre ses membres, n’aurait pas lieu d’être. Il faudrait tout arrêter, tout suspendre.
N’est-ce pas là un affront à l’histoire? N’est-ce pas une gifle à la face de tous les citoyens maghrébins qui ne rêvent que d’unité et de fraternité? N’est-ce pas une insulte à la mémoire des pionniers et un outrage aux générations montantes habitées par l’idéal maghrébin? N’est-ce pas une offense aux dirigeants des cinq pays du Maghreb qui, un jour de février 1989 à Marrakech, avaient décidé, ensemble, de se projeter dans un avenir commun fait de complémentarité et de solidarité au service du bien-être et de la prospérité de leurs peuples
Cette escalade des séparatistes ne s’inscrit-elle pas à contre courant des appels lancés ça et là, notamment dans les grandes capitales mondiales, Washington et Paris en tête, pour que l’Algérie assume pleinement ses responsabilités et contribue, comme le préconise le dernier rapport du secrétaire général du Conseil de sécurité, à trouver une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable de la question du Sahara?.
Les gouvernants de l’Algérie ont certainement à répondre de la situation actuelle, eux qui ont sacrifié les peuples maghrébins sur l’autel des velléités et des appétences hégémoniques alors que leurs besoins sont à la coopération et à l’entraide. Un récent rapport d’une commission parlementaire australienne, qui s’était rendue dans cinq pays d’Afrique du nord (Maroc, Algérie, Libye, Tunisie et Egypte), a souligné notamment que l’UMA pouvait fournir un cadre pour la promotion du commerce régional. Une opportunité hautement bénéfique pour les cinq pays du Maghreb et qui ne peut être que porteuse de dividendes pour leurs peuples. Qu’on ne laisse donc pas les intrus interférer. L’édifice maghrébin doit se faire, il est vital pour les peuples de la région et leur devenir. Telle est la volonté maintes fois exprimée par le Royaume du Maroc. A Tripoli, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, M. Mohamed Benaïssa l’a souligné une nouvelle fois en insistant sur l’attachement du Maroc à l’UMA, dans un cadre de fraternité, de solidarité, de respect mutuel et de sauvegarde des intérêts supérieurs de chaque pays. Il est tout à fait évident que nul n’a le droit de se mettre au travers des aspirations des pays maghrébins à l’Union et des ambitions de leurs peuples à l’unité. Même en accordant le gîte et le couvert aux séparatistes, l’Algérie compte parmi ces pays. Lors de la réunion tenue dans la capitale libyenne, le ministre délégué algérien chargé des Affaires maghrébines et africaines, M. Abdelkader Messahel, soulignait, lui aussi, "l’attachement immuable» de son pays à l’Union du Maghreb arabe «en tant que choix incontournable et inéluctable». Il est aussi tout à fait évident que la volonté des peuples maghrébins finira par prévaloir et que le «polisario» sera broyé par l’histoire comme le furent plusieurs inventions du genre par le passé. Personne ne se rappellera alors de ses élucubrations et ses délires, ou l’on se rappellera plutôt de quelque chose qui, pendant un certain temps, a constitué l’une des plus grandes supercheries de tous les temps, d’une parenthèse qui n’a pas empêché les peuples du Maghreb et leurs dirigeants à rêver et de croire à leur idéal maghrébin commun.

Abdelaziz Ouedrhiri
(MAP)

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