Rentrée des classes: Les fournitures scolaires de plus en plus chères

Rentrée des classes: Les fournitures scolaires de plus en plus chères

Nous sommes encore en pleine période estivale et déjà les librairies de Casablanca sont envahies de monde. La rentrée s’approche à grands pas et les parents préfèrent s’y prendre à l’avance pour s’approvisionner en fournitures scolaires. «S’ils s’y prennent aussi tôt, c’est parce que les parents sont encore en congé et qu’ils ont du temps à consacrer à cette logistique complexe qu’est la rentrée scolaire, ensuite ils préfèrent éviter le grand rush du début du mois de septembre où il faut attendre des heures pour se procurer les fournitures scolaires», nous explique un libraire à Casablanca. Si les fournitures scolaires sont disponibles partout dans les grandes villes, leurs prix continuent de flamber.

«Cette année les prix ont encore grimpé par rapport à l’année précédente. C’est pourquoi je préfère ne pas tout acheter dans une grande librairie et me procurer le reste des fournitures sur le marché parallèle», déplore un client. Par «marché parallèle», il faut comprendre le marché de l’occasion où foisonnent des offres accessibles en programmes et livres scolaires déjà utilisés, mais aussi certains marchés informels qui sévissent à Derb Omar ou à Derb Ghallef. Comment s’articule donc le marché des fournitures scolaires et qu’est-ce qui en détermine le prix ?

Gros engouement pour le «made in China»…

La plupart des fournitures scolaires disponibles en librairie proviennent de France, de Chine, de Turquie, d’Espagne, d’Allemagne ou même des Etats-Unis. A Derb Omar, par exemple, les produits chinois ont le vent en poupe puisqu’ils attirent le consommateur à budget réduit. Les «ferachas» y proposent des fournitures scolaires chinoises bon marché. Le coût est, en effet, le secret de réussite des produits asiatiques (à titre d’exemple le sac à dos coûte près de 60 DH, tandis qu’un cartable de marque ne coûtera pas moins de 300 dirhams). Si d’aucuns dénigrent la qualité très relative de ces produits, d’autres saluent leurs prix comme providentiels.

«Heureusement que les produits chinois existent, sinon où en serions-nous ?», explique ce père de famille visiblement satisfait de la présence foisonnante des fournitures asiatiques sur les étalages de Derb Omar. «J’ai quatre enfants en classes élémentaires et auxquels je dois subvenir aux besoins en fournitures scolaires. Vous imaginez un peu ce que cela m’aurait coûté si je ne pouvais pas m’approvisionner en produits chinois ?». Et d’ajouter que «même si ces produits ne sont pas toujours de bonne qualité, il est très facile et peu coûteux de les remplacer».

Le marché de l’occasion, une «soupape» pour les petites bourses…

Que ce soit à Lebhira dans l’ancienne Médina, ou à Derb Ghallef, une frénésie particulière anime les marchés des livres d’occasion en cette période de rentrée scolaire. Questionné sur comment est alimenté le souk de livres d’occasion en programmes et livres scolaires, un vendeur nous explique : «Nous achetons les livres scolaires auprès des étudiants qui ont réussi leur année et qui désirent se faire un peu d’argent de poche».

Si les prix des manuels scolaires sont fixés par l’Etat (à l’exception de certains livres importés de l’étranger), les bouquinistes de Lebhira proposent ces mêmes livres à des prix sensiblement moins chers, parfois même de moitié ! Un business qui tombe à pic pour les parents déjà endettés par les «crédits rentrée» et par le retour des vacances. En effet, le recours aux prêts bancaires représente souvent pour eux la seule solution idoine pour couvrir les dépenses liées au paiement des droits d’inscription en hausse perpétuelle et l’achat de fournitures scolaires.

Libraires et grandes surfaces essaient aussi d’adapter leurs prix…

Face à cette concurrence «informelle», les libraires n’entendent pas rester les bras croisés. Ainsi, ils proposent des «packages» de fournitures adaptées à tous les niveaux scolaires, avec des prix tirés vers le bas. Sur les étalages des libraires, mais aussi des grandes surfaces, on peut trouver des articles à des prix très différents. Pour le haut de gamme par exemple, le design est privilégié, et qui dit produit premium, dit facture premium ! Certaines fournitures peuvent aller jusqu’à 4.500 DH la pièce. Les livres scolaires coûtent en moyenne entre 40 et 300 DH l’unité.

Les petites papeteries de quartiers affichent généralement des produits plus accessibles. Les tarifs sont proposés selon la qualité du produit: les cahiers piques ou à spirale de 30 à 50 DH, les classeurs varient entre 15 et 40 DH. Un cahier pique de 96 pages à l’effigie de «Spider Man», de «Ben 10» ou de «Captain America» coûtera plus cher et sera donc proposé à 45 DH, tandis qu’un cahier sans dessin avec les mêmes références coûtera à peine une vingtaine de dirhams.

Sur les étalages de grandes surfaces ou chez certains grossistes, des promotions sont faites sur les crayons et stylos: par exemple 10 stylos Reynold coûteront 15 DH (17 auparavant) et 4 stylos Reynold 6,50 DH contre 7 dirhams auparavant. Les prix des sacs à dos pour les grands enfants varient entre 90 et 229 DH, tandis que les cartables à roulettes et les trolleys démarrent à 120 DH.

Par: Siham Oukhit

Reportage photos de Chafik Arich

 

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