Reportage : La revalorisation de la ville passe par l’économie

ALM : En tant que secrétaire général de la CGEM, quels sont selon vous les potentialités économique dont dispose Meknès?
Lahcen Mouzouni : La ville de Meknès dispose de plus d’un atout qu’elle peut mettre en valeur. Il y a d’abord sa position géographique. La ville est située au centre du pays, à une distance à peu près égale des principales grandes villes marocaines, comme Tanger, Oujda ou Casablanca. Elle est séparée par une centaine de kilomètres d’Errachidia, c’est-à-dire le Sud du pays. Meknès est également riche d’un énorme patrimoine historique et culturel, doublé d’un climat et d’une nature très divers, étant à la fois aux portes du Sahara et des régions montagneuses. Son d’un arrière-pays est extraordinaire. Des facteurs qui pourraient faire de la ville une attraction touristique. Un tourisme sous toutes ses formes, de loisirs, rural, culturel ou autres. La ville dispose aussi d’une main d’oeuvre très qualifiée et qui n’attend qu’à être utilisée. Mais la conjoncture économique de la ville est telle qu’il est très difficile de pourvoir des postes de travail.
Quels sont dans ce cas les entraves majeurs au développement économique de la ville et à son rayonnement sur la région?
Il faut dire à cet égard que ce n’est pas la volonté des autorités ou des opérateurs économiques qui manque. Mais des conditions objectives font la relance de l’économie de la ville tarde toujours à venir. A commencer par l’absence de projets fédérateurs et le climat social qui n’est pas sain. A cela s’ajoutent d’autres sources de blocages qui sont communes à toutes les régions du Maroc, à savoir l’absence d’incitations fiscales à même de doper l’investissement. Je ne vois pas pourquoi l’on essaye pas de faire de Meknès une zone franche, au même titre que Tanger. C’est une solution qui commence à apporter ses fruits dans cette ville. Les organismes concernées par le développement de la ville de Meknès devraient se pencher sur une pareille possibilité, la seule capable de drainer les investisseurs aussi bien nationaux qu’étrangers et aider par là à la création d’emplois et de richesses. Des avantages fiscaux et des facilités dans l’acquisition des terrains contribueraient également à redorer le blason de la ville. Economiquement d’abord.
Quels sont les secteurs à fort potentiel dans la ville et qui ont besoin d’être encouragés ?
Les secteurs à même de générer des richesses sont au nombre de quatre : le tourisme, le textile, le bâtiment et l’agro-alimentaire. Ce sont des secteurs où la ville dispose de toute une tradition et d’un savoir-faire de taille, notamment dans l’agro-alimentaire et le textile. Une tradition et un savoir-faire qui sont entrain de se perdre et qu’il faut sauver d’urgence. En commençant par sauver les structures déjà existantes et qui traversent des périodes de crises qui risquent de sonner leur glas. Il ne sert à rien de créer de nouvelles structures si elles doivent passer par le même malaise.
Le programme Maroc aux villes propres préconise une approche globale avec la mise en oeuvre d’un plan d’action visant tous les domaines. Qu’en pensez-vous ?
La revalorisation de la ville de Meknès ne peut être réalisée qu’à travers la redynamisation de son économie. C’est par la mise en valeur des potentialités économiques de la ville que l’on peut aspirer à son développement global. D’autres projets, à caractère social, culturel et environnemental, vont inéluctablement suivre. Mais la priorité reste l’économie qui est acculée à une léthargie aussi incompréhensible que porteuse d’un malaise social criard dans la ville. Ce serait un luxe de parler d’environnement dans une région où le chômage fait des ravages. D’autant que l’expérience a prouvé qu’il ne servait à rien de s’attaquer à plusieurs chantiers à la fois. Il faut savoir se fixer des priorités. Il faut surtout savoir traduire les bonnes intentions en actes tangibles et qui soient profitables aux citoyens. D’abord en leur garantissant des sources de revenu.

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