Reportage : Luttes intestines et calculs électoralistes

Tétouan en particulier et le Nord en général souffre de la passivité pour ne pas dire la démission de ses élites. Sur ce plan, la mise à niveau est plus qu’urgente, notamment celle des élus locaux dont le bilan n’est guère concluant. De 1983 à 1994, la ville a sombré dans un désordre indescriptible accentué par l’insouciance des représentants de l’autorité locale successifs. Les discours creux et les slogans vagues ont longtemps tenu lieu d’initiatives audacieuses et d’une réflexion dynamique chez les édiles communaux.
Cet état de fait est toujours de mise. En plus, ces derniers ne semblent pas près de changer et de se mettre au diapason des véritables ambitions de la cité. Il n’y a qu’à voir les luttes intestines qui déchirent les deux conseils communaux, Sidi Al Mandri et Al Azhar, contrôlés par l’USFP pour saisir l’ampleur du gâchis. Ici, l’actualité locale est dominée par la destitution il y a quelques mois du président istiqlalien de la commune de Sidi Al Mandari, M.Al Mkadem, qui avait lui-même pris la place de l’usfpéiste Abdelouhab Aït El Haj. Celui-ci a été écarté par les conseillers de son propre parti avec le concours actif des conseillers istiqlaliens.
La présidence est revenue aujourd’hui à l’usfpéiste Bouchta Tbatou, qui fut député en 1984 et adjoint du président de la municipalité. Les Tétouanais ont vu dans ce retour un signe de régression. Valse des étiquettes au gré des intérêts personnels, mauvaise gestion sur fond de clientélisme… Mohamed Habib Al Kharraz, le président istiqlalien de la communauté urbaine de Tétouan incrimine, lui, la charte communale de 1976 dont il dénonce les travers et les défaillances.
«La démocratie locale est un échec au Maroc. Pour ce qui est de Tétouan, nous sommes contents de la qualité du travail accompli par le wali», déclare ce volubile avocat de carrière. À la faveur des prochaines échéances, les calculs électoralistes font fureur. Un exemple : après avoir donné leur accord à la gestion déléguée d’Amendis, les élus de gauche locaux, menés par l’USFP, la dénoncent aujourd’hui en critiquant la cherté des factures d’eau et d’électricité.
«Le pouvoir d’achat des citoyens ne peut pas supporter une telle augmentation sans que cela conduise à des tensions sociales dans la province», disent-ils en substance. Du populisme à gogo. «Le personnel communal de la ville, déphasé, a tendance à ne plus assumer ses responsabilités et de vouloir se décharger sur la Wilaya. Ce qui constitue un facteur de blocage sérieux», fait remarquer un observateur local.

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