Reportage: Sacré business du Ramadan !

Reportage: Sacré business du Ramadan !

«Une journée chargée nous attend», dit Said, vendeur de gâteaux traditionnels à l’ancienne médina de Casablanca. Le mois de Ramadan qui vient de démarrer lui permet de doubler son chiffre d’affaires. Alors Said met le paquet. Entre deux coups de téléphone à des fournisseurs ou un client, il donne ses ordres aux membres de son équipe avant de répondre à nos questions.

«D’habitude, mon magasin fait travailler trois à quatre personnes. Mais pour le Ramadan, l’équipe est renforcée par deux à trois autres personnes pour faire face à la demande. Cela fait d’ailleurs plusieurs semaines que nous avons commencé les préparatifs pour satisfaire la demande des clients, trop friands des gâteaux traditionnels», dit-il. Si au cours de l’année, Said propose à ses clients des produits salés aussi, son offre sera essentiellement axée sur les gâteaux sucrés pour les quatre semaines du Ramadan.

La star de son offre est bien évidemment la «chabakia» sous toutes ses formes. Sur les étalages, ce gâteau remplace les beignets ou encore la «harcha». Le Ramadan est donc un mois exceptionnel. Et pour une période exceptionnelle, un dispositif exceptionnel est mis en place. Il faut savoir que la journée de travail commence très tôt le matin pour Said et son équipe avant de se terminer tard dans la soirée.

Car, contrairement aux apparences, la demande ne se tarit pas. En plus des particuliers qui achètent de petites quantités, des grossistes s’approvisionnent aussi chez lui. Son carnet de commandes est déjà rempli. «Pendant le mois de Ramadan, des vendeurs occasionnels s’adonnent aussi à ce métier en achetant chez nous des quantités qu’ils vont revendre avec leur marge ailleurs», explique-t-il. Si la demande est aussi importante, c’est que les prix affichés sont bien adaptés pour les petites bourses même si notre interlocuteur nous confie qu’il a dû faire des efforts cette année en raison de la hausse de plusieurs ingrédients. Le prix au kilo oscille entre 20 à 25 dirhams.

Pour les grossistes, le kilo coûte encore moins cher avec un prix autour des 17 dirhams. Pour maintenir les prix aussi bas, Said qui affiche une vingtaine d’années d’expérience dans le domaine au compteur, a fini par développer ses propres astuces. Le miel est remplacé par une préparation de sucre faite sur place. L’huile est achetée en quantité bien à l’avance pour éviter la hausse des prix qui intervient à l’approche du mois sacré.
Les amandes sautent de la liste des ingrédients car trop chères. Enfin la taille et le volume des gâteaux sont aussi contrôlés. Une catégorie de clientèle assez particulière fait ses achats auprès de ce vendeur. «Des associations caritatives ou des bienfaiteurs prennent chez nous des gâteaux qu’ils distribuent à titre gracieux aux plus pauvres.

Nos moyens ne nous permettent pas de faire des dons mais nous faisons un grand effort au niveau du prix qui ne dépasse pas les 15 dirhams au kilo», confie-t-il. Si les gâteaux sont indispensables sur la table du «ftour», d’autres préparations salées ont aussi la cote. Crêpes ou Baghrir, sans oublier le «mssemen», sont également très prisés. Brahim a flairé la bonne affaire. Propriétaire d’une literie à l’ancienne médina de la métropole, il recrute chaque année deux à trois femmes à temps plein en leur aménageant un espace dans son magasin. «La demande est très grande durant les deux premières semaines du mois sacré.

Le plus gros de la marchandise est écoulé trois heures avant la prière du maghrib», dit-il. Dans ce magasin aussi, les préparatifs ont commencé depuis plusieurs semaines. Et les prix sont tout aussi très bas et dépassent rarement les deux à trois dirhams la pièce. Brahim compte bien maximiser ses profits en misant sur la frénésie de consommation qui accompagne ce mois. Il se frotte déjà les mains…

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