Rétro 2015: quand la société bouge

Rétro 2015: quand la société bouge

Bac Pro: 140.500 jeunes ciblés en 2020
 

La formation professionnelle a connu plusieurs nouveautés avec le lancement du baccalauréat professionnel. Désormais les établissements de l’Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail (OFPPT) offrent de nouvelles possibilités d’orientation. Ce nouveau diplôme qui se prépare sur 3 années permet aux futurs bacheliers d’augmenter leurs chances de s’insérer dans la vie professionnelle. 71 établissements de formation dans 29 villes du Royaume qui ont accueilli, pour la 1ère année de lancement 2014-2015 plus de 3.100 jeunes pour le cycle Bac Pro. Un chiffre qui devrait basculer à la hausse cette année puisqu’à terme, l’offre de l’OFPPT atteindra 140.500 en 2020. Pour le moment, 17 filières du Bac Pro ont été identifiées dans 10 secteurs porteurs, à savoir la logistique, le froid et génie thermique, l’électricité, l’hôtellerie-tourisme, les métiers de l’automobile, le textile-habillement, les technologies de l’information, le BTP, le tertiaire et le génie mécanique. En ce qui concerne le tronc commun, la formation sera dispensée à raison de 80 à 85% dans les lycées qualifiants et 15 à 20% dans les instituts de l’OFPPT, alors que pour les 1ère et 2ème années du Bac, elle sera prodiguée à hauteur de 25 à 30% dans les lycées qualifiants et 70 à 75% dans les instituts de l’OFPPT.
 

Demande de régularisation: Un «oui» pour 56% des migrants
 

56% des migrants ayant déposé leur demande de régularisation ont reçu, à date de la mi-janvier 2015, des réponses favorables. C’est ce qui ressort du bilan présenté par le Conseil national des droits de l’Homme (CNDH). Ce pourcentage varie toutefois d’une région du Royaume à une autre. Driss El Yazami, président de cette instance, avait noté à ce titre que le Maroc est dans une phase avancée par rapport à l’opération de régularisation des migrants, et ce à l’horizon de la réalisation de l’intégration. Les chiffres l’appuient. Le Maroc a en effet régularisé 16.180 migrants en situation irrégulière au moment où les commissions provinciales chargées de cette opération avaient traité, jusqu’à cette date, pas moins de 27.130 dossiers. Selon le CNDH, ce sont les Sénégalais qui viennent en tête des demandeurs avec un taux de 24,15%, suivis des Syriens avec 19,2%, des Nigériens avec 8,71% et des Ivoiriens avec 8,35%. La région de Rabat-Salé-Zemmour-Zaër est celle où le plus grand nombre de migrants a vu sa situation révisée en atteignant un total de 8.481 demandes déposées, suivie de celle du Grand Casablanca qui a reçu plus de 6.996 demandes.  La difficulté de prouver la durée du séjour pour bon nombre d’immigrés ou encore leur lien de mariage avec des Marocain(es) est l’une des défaillances déplorées par le CNDH.

Recensement : Des résultats très attendus

L’un des événements importants qui a marqué l’année 2015 est sans conteste la présentation par le Haut Commissaire au Plan, Ahmed Lahlimi à Sa Majesté le roi Mohammed VI des premiers résultats du 6ème recensement général de la population et de l’habitat (RGPH 2014).  Selon les résultats   dévoilés en mars dernier au Palais Royal de Casablanca, la population légale du Royaume compte  33.762.036 citoyens et 86 206 étrangers.  Ce qui représente près de 4 millions d’habitants de plus que le  recensement de 2004. Toutefois, les résultats préliminaires avaient fait  apparaître un ralentissement de la croissance démographique au cours de la décennie écoulée (1,25% contre 1,38% pour la précédente). M. Lahlimi avait également fait remarquer qu’au cours des dix dernières années, le taux d’urbanisation du Maroc a également augmenté, atteignant 60,3% en 2014, contre 55,1% en 2004. La région de Casablanca reste toujours la plus peuplée avec près de sept millions d’habitants (6,86), suivie de la région de Rabat. Rappelons que le HCP avait  mobilisé plus de 53.000 recenseurs et 20.000 contrôleurs et superviseurs pour réaliser ce recensement organisé du 1er au
20 septembre 2014.

AMO pour étudiants: 460.000 bénéficiaires sous conditions

Ce sont au total 460.000 étudiants qui devront bénéficier de l’Assurance maladie obligatoire (AMO) sur les cinq années à venir. Grâce à l’adoption du projet de loi 12-116 par la Chambre des représentants, les étudiants pourront désormais bénéficier d’une couverture médicale. Cette année, les bureaux de la Caisse nationale des organismes de prévoyance sociale (CNOPS) s’apprêtent à accueillir 260.000 dossiers d’inscription à l’AMO consacrée aux étudiants. Outre les soins médicaux, les actes chirurgicaux, les services des laboratoires d’analyses médicales, la radiologie et les échographies, l’AMO consacrée aux étudiants englobe tout ce qui est relatif aux soins fonctionnels, aux poches de sang humain et ses dérivés, aux lunettes de vue, aux soins dentaires ainsi qu’aux services de rééducation fonctionnelle et de réadaptation médicale et des services paramédicaux. Il est à préciser dans ce sens que ces prestations médicales seront dispensées dans les hôpitaux publics et les cliniques privées. Si l’on se base sur la loi 12-116, ce système auquel le gouvernement a consacré près de 110 millions de dirhams est accessible sous plusieurs conditions.

 Service civil obligatoire : La goutte qui a fait déborder le vase  

L’année qui vient de s’écouler a été marquée par  plusieurs mouvements de grève. Après les étudiants en médecine,  ce fut  au tour des médecins résidents et externes de protester contre la décision du ministre de la santé d’imposer le service civil obligatoire. Il a fallu plusieurs semaines de négociations pour parvenir à un accord entre les ministères de la santé, de l’enseignement supérieur et les représentants des étudiants des facultés de médecine. Au terme de cet accord, plusieurs décisions ont été prises. Concernant les indemnités des étudiants externes, celles-ci  seront revues à la hausse à 630 dirhams sur deux tranches. La première tranche interviendra dès janvier 2016. L’autre sera débloquée une année plus tard. Pour ce qui  est des indemnités pour mission allouées aux étudiants de la septième année, elles passeront à 1.500 dirhams, également sur deux tranches sur la même période. Par ailleurs, l’accord stipule que les médecins du secteur public peuvent prendre part aux examens de la spécialité et ce, sans limitation de postes budgétaires au préalable. Pour alléger la pression sur les centres hospitaliers universitaires, il est prévu d’accélérer la construction de dispensaires ou d’établissements sanitaires tout autour de l’université de médecine.

Médicaments: La baisse des prix se poursuit…

La baisse des prix des médicaments s’est poursuivie durant toute l’année. Le ministère de la santé a publié  au Bulletin officiel (BO) plusieurs listes de médicaments (princeps et génériques) dont le prix a régressé. Citons à titre d’exemple que le ministère de tutelle avait publié dans le BO du 17 septembre 2015 une liste qui concernait  essentiellement des médicaments utilisés dans le traitement contre le cancer, le diabète, l’hypertension artérielle, le cholestérol, l’épilepsie… Le ministère   avait également publié une nouvelle liste dans le BO n°6414 du 19 novembre 2015. Cette baisse a ciblé  particulièrement les médicaments utilisés dans le traitement contre l’hypertension artérielle, le cancer, la polyarthrite rhumatoïde, l’hémophilie… Dans la liste des princeps, on retrouve à titre d’exemple le médicament «Embrel» 50 mg, coffret de 4 seringues préremplies, utilisé dans le traitement de la polyarthrite rhumatoïde dont le PPV a été fixé à 9.865 DH.

Hépatite C: Enfin un traitement à bas prix !  

L’année 2015 a été marquée par le lancement au Maroc d’un traitement miracle contre l’hépatite C : le «Sofosbuvir». Annoncé il y a déjà plusieurs mois, le générique marocain  est en vente  en pharmacie depuis le 10 décembre. Fabriqué dans le cadre du partenariat public-privé par le laboratoire marocain Pharma 5, il constitue un nouvel espoir pour les  625.000 Marocains  touchés par la maladie. La boîte de comprimés est vendue à 3.000 dirhams, soit 9.000 dirhams le traitement. Un prix quasiment 100 fois moins élevé que celui de Sovaldi, le médicament princeps, médicament de référence (80.000 dollars, soit près de 800.000 dirhams le traitement). Ce générique est administré aux patients pendant  une période de traitement de trois mois (contre neuf mois pour les autres traitements) avec moins d’effets secondaires. Selon  le ministère de la santé, le taux de guérison serait de 90%.  

Bouya Omar : La fin du cauchemar

L’un des moments forts cette année a été la fermeture de Boaya Omar.  L’annonce a été faite  le 29 juin par le ministre de la santé, El Houssaine Louardi. À l’issue de cette initiative, les hôpitaux ont accueilli 795 malades, dont 5% de femmes. Les patients bénéficiaires de cette opération ont été transportés vers les hôpitaux et les structures de santé spécialisés proches de leurs lieux de résidence. Une fois sur place, ils ont reçu gratuitement les traitements nécessaires et ont bénéficié du suivi médical.

Cette opération, qui a débuté le 11 juin dernier, a nécessité une enveloppe budgétaire de 40 millions de dirhams et a mobilisé d’importants moyens logistiques et humains. Ainsi, 34 médecins et 122 infirmiers spécialisés en psychiatrie ont été déployés en plus de 70 ambulances pour le transport des malades vers les hôpitaux. Après l’évacuation et la prise en charge des malades au sein des structures psychiatriques, le ministère de tutelle avait prévu une seconde étape dans l’objectif de réinsérer ces patients au sein de la société.

Ces enfants sont morts sur nos routes: Quand retiendra-t-on la leçon?

Nos routes ont été des plus meurtrières en 2015. Selon les statistiques du ministère de l’équipement, du transport et de la logistique, le nombre des accidents de la route a atteint durant les six premiers mois de l’année 35.769, soit une hausse de 11,34% par rapport à la même période de 2014. Une tendance haussière qui démontre, malheureusement, que ce n’est pas demain que l’on retiendra la leçon de notre incivisme et irresponsabilité sur la route. Il est sans rappeler que durant ces mêmes six mois est survenu, précisement en avril 2015, un drame difficile à oublier. Les victimes ayant principalement été des enfants âgés entre 10 et 14 ans. De jeunes athlètes sur le chemin de retrouver leurs parents après avoir participé aux jeux nationaux des écoles de sports à Bouznika. Il s’agit en effet de l’accident qui a secoué la commune Chbika près de Tan Tan dans le sud du Royaume et où plus de 30 personnes ont été tuées. Ces victime ont trouvé la mort suite à une collision frontale entre un autocar et un camion. Les résultats de l’enquête sur les causes de ce drame ont imputé la responsabilité aux deux chauffeurs décédés. Pour rappel, les accidents de la route ont coûté la vie à près de 4.000 personnes en un an au Maroc, soit une moyenne de 11 décès par jour. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le coût socio-économique de l’insécurité routière au Maroc représenterait un milliard d’euros par an, l’équivalent de près de 2% du PIB national.

Bousculade de Mina: Le drame de l’année

L’année 2015 a été marquée par de nombreuses tragédies dont il est difficile d’oublier les terribles images. Tout le monde se souvient encore de la bousculade mortelle de Mina qui a provoqué la mort d’au moins 2.236 personnes. Il s’agit du drame le plus meurtrier survenu pendant le hajj depuis vingt-cinq ans. Selon le bilan du ministère des habous et des affaires islamiques, 42 Marocains sont morts pendant le pèlerinage à La Mecque. Le ministère de tutelle avait publié sur son site la liste détaillée des personnes décédées, précisant pour certaines le lieu (Mina, La Mecque ou Arafat) et la cause du décès. Le ministre des habous et des affaires islamiques, Ahmed Taoufiq, avait fait savoir que «les victimes ont été enterrées dans des tombes individuelles sous des numéros personnels». Rappelons que la plus grave catastrophe survenue lors du grand pèlerinage remonte au 2 juillet 1990 quand une bousculade dans un tunnel de Mina avait fait 1.426 morts

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