Rhaouti : «les libanais forcent le respect»

Rhaouti : «les libanais forcent le respect»

ALM : La délégation de la commission médicale marocaine de soutien au Liban a regagné, lundi 28 août le Maroc, au terme d’une mission humanitaire. Quel bilan faites-vous de cette opération ?
Rhaouti Mohamed : Notre équipe médicale, composée de 11 personnes dont 7 médecins et pharmaciens et 4 infirmiers, est arrivée le jeudi 10 août au Liban.
Dès notre arrivée, nous avons entamé les contacts avec les ONG libanaises pour coordonner notre action. Au terme d’une mission de 18 jours, je peux affirmer que le bilan est très positif puisque nous avons pu concrétiser les objectifs de l’opération. Nous avons axé notre action sur le  Sud Liban, notamment à Bent Jbail. Pour mener à bien notre mission, nous nous sommes organisés en quatre groupes : un groupe travaillait au sein de l’hôpital Jebail, une deuxième équipe dans un centre spécialisé à Aitaroun et les deux autres groupes ambulants intervenaient sur le terrain.
Notre personnel médical réalisait au minimum 500 consultations par jour. Nous étions la seule délégation arabe qui est arrivée à acheminer les aides à la population de certains villages très éloignés.
A noter que pas moins de huit tonnes de médicaments et d’équipements médicaux ont été acheminées en coordination avec l’Association libanaise de la santé. Nous distribuions nous-mêmes ces aides. Ce qui nous facilitait la tâche. Ces médicaments, offerts par les citoyens marocains en signe de solidarité avec le peuple libanais, répondaient aux besoins spécifiques de la population-cible. Certains pays envoyaient des dons de médicaments dont les Libanais n’avaient pas besoin. Ils semblaient avoir des stocks de produits dont ils voulaient se débarrasser. À titre d’exemple, un pays a envoyé des quantités énormes de médicaments contre l’insuffisance rénale… Comme si tous les Libanais souffraient de cette maladie.

Quels étaient les grands besoins des Libanais? Et est-ce que ces dons étaient suffisants pour répondre à leurs besoins les plus urgents ?
Il faut noter tout d’abord que notre équipe médicale a une forte expérience en matière d’intervention dans ce genre de situations. Nous avions, en effet, entrepris des actions en Irak et à Al-Hoceïma. Nous avons donc entamé notre travail par la détermination des besoins de la population afin d’y répondre efficacement.
Cette population souffrait de plusieurs maladies. Les plus fréquentes étaient les allergies, les mycoses, les dermatoses et les infections respiratoires à cause des produits chimiques utilisés dans les bombes lancées par l’armée israélienne sur le pays. Nous n’avons distribué qu’une partie des médicaments. Les huit tonnes de médicaments dont nous disposions ne sont pas encore épuisées. Par ailleurs, une deuxième délégation médicale s’apprête à partir au Liban pour une nouvelle mission humanitaire. L’équipe sera composée de neuf membres, médecins, pharmaciens et infirmiers.

Que pourriez-vous nous dire sur la situation au Liban ?
En écoutant et en regardant les informations à la télévision, nous ne nous rendons pas compte de la barbarie des actes commis par les Israéliens. Arrivé sur le terrain, j’étais choqué par l’ampleur des dégâts. Des villes complètement rasées, des immeubles détruits, des enfants tués, des gens sans habitations. Une situation de désolation profonde. Cependant, malgré les pertes humaines et matérielles, la guerre n’a pas réussi à entamer le moral des Libanais. Ils ont une force de caractère qui est  impressionnante. Leur volonté et leur endurance forcent le respect.

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