Riham ou une vie mutilée

Riham ou une vie mutilée

Les parents de Riham ne savent plus à quel saint se vouer. Face à leur bébé à la main droite amputée, ils prennent leur mal en patiente et affrontent ceux qu’ils accusent de «négligeance grave» envers leur petite fille. Tout a commencé lorsque Rafika Nouri a senti les premières douleurs, annonçant l’arrivée de son premier enfant et s’est dirigée vers l’hôpital militaire de Rabat. «Le vendredi 8 avril dernier, j’ai accouché d’une fillette en bonne santé, pesant 3500 g, à 9h30. Lorsqu’on a demandé à voir le bébé, la direction de l’hôpital militaire nous a appris qu’il a été emmené vers le CHU d’Ibn Sina. Et depuis, mon mari a fait un vrai parcours du combattant. Au CHU d’Ibn Sina, il n’a trouvé aucune trace de Riham. Étonné, il retourne à l’hôpital militaire et insiste pour savoir où l’on a transféré le nourisson. Et c’est uniquement, vers 18 h, samedi 9 avril que mon mari a su que Riham était dans la clinique Beauséjour, à Salé. «La fille, à notre grande surprise, ne portait pas de bracelet indiquant son nom et le lieu de sa naissance», raconte Rafika Nouri, la maman de Riham.  Et d’ajouter:  «à l’hôpital militaire, on nous a annoncé que Riham souffrait de problèmes respiratoires et que, pour cette raison-là, elle avait besoin d’être hospitalisée à la clinique Beauséjour.  Nous rendions visite à notre fille, deux fois par jour, et nous avons remarqué que la couleur de sa main droite a commencé à virer vers le bleu, le 12 avril dernier. Nous avons cherché à comprendre l’origine et les causes de cette couleur et pourquoi son bras s’est gonflé, mais en vain. Dr. Younès Chajîi, qui suivait le cas de Riham, ne nous a donné aucune explication». Perplexes, les parents de Riham le sont devenus davantage. Pourquoi transfère-t-on un bébé vers une clinique au lieu, comme d’habitude, vers le service de la pédiatrie du CHU d’Ibn Sina? Comment l’hôpital militaire a pu transférer un bébé vers une clinique, sans demander l’accord ou même aviser les parents ? Pourquoi l’hôpital militaire a-t-il choisi cette clinique précisément ? Ce sont-là des questions, parmi d’autres, que les parents de Riham n’ont cessé de se poser depuis le drame qui s’est abattu sur leur bébé.
«Et c’est vers midi du mardi 19 avril que nous nous avons reçu le coup de grâce.
Entrée, sans notre accord ni autres préavis, dans le bloc opératoire de l’hôpital Beauséjour, Riham en est sortie avec la main droite amputée», note Rafika Nouri, très en colère.  C’est le début d’une histoire de négociations, de persuasions, mais aussi de menaces. «Dans un premier temps, et précisément le 4 mai dernier, on nous a interdit de rendre visite à Riham. Et c’est uniquement à partir du vendredi 6 mai qu’on nous a permis de la revoir. Vers la fin du mois de mai, Dr. Younès Chajîi nous a promis de régler le problème avec le financement d’une main artificielle, avant de menacer mon mari. En fait, il m’a dit que mon époux risque de perdre son emploi et qu’il peut même partir en France, si les médias commencent à se mêler à cette affaire», précise-t-elle. «À trois reprises, il a essayé de me convaincre de signer des papiers. Comme je ne suis pas francophone, j’ai refusé de le faire», ajoute cette jeune mère aux abois. L’affaire est aujourd’hui devant les tribunaux. La famille envisage également de poursuivre en justice l’hôpital militaire de Rabat.

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