Rio de Janeiro : dix «parrains» transférés pour calmer les violences

Dix puissants trafiquants de drogue ont été transférés samedi dans une  prison de haute sécurité de l’intérieur du Brésil pour tenter de mettre fin aux affrontements qui ont fait 41 morts depuis une semaine à Rio de Janeiro, a annoncé le secrétariat à la sécurité publique. Les dix parrains, qui étaient incarcérés dans l’Etat de Rio, ont été conduits jusqu’à la prison isolée de Campo Grande (sud-ouest), où les détenus sont censés ne pas pouvoir communiquer entre eux, ni avec l’extérieur. Cet établissement regroupe déjà les prisonniers les plus dangereux du pays, parmi lesquels Luis Fernando da Costa, alias  «Fernandinho Beira-Mar», considéré comme le narcotrafiquant le plus  puissant de Rio. Les conditions de sécurité renforcées n’ont cependant pas empêché Beira-Mar de coordonner les opérations de ces derniers jours à Rio, selon le quotidien O Globo.
Le journal affirme que le trafiquant a  réussi à contacter son seul lieutenant encore en liberté, «Marcelinho Niteroi», pour mobiliser 150 hommes afin de prendre le contrôle de plusieurs favelas. Les affrontements entre trafiquants de drogue et policiers ont fait 41 morts depuis le 17 octobre  dont 35 délinquants présumés, 3 policiers et 3  habitants pris dans des fusillades, selon un dernier bilan communiqué samedi par la police.
Ces violences, qui avaient débuté avec la destruction en vol d’un hélicoptère des forces de l’ordre (3 policiers tués), ont terni l’image de Rio de Janeiro, métropole tout juste choisie par le Comité international olympique pour accueillir les Jeux de 2016. Vendredi, six cadavres ont encore été retrouvés dans une favela et des échanges de tirs nourris continuaient à effrayer la population de ces quartiers pauvres.
Dans son édition de samedi, la revue Veja affirme que 470 des 1.020 favelas de la «ville merveilleuse» sont aux mains du crime organisé qui écoule 20 tonnes de cocaïne par an, pour un montant de 300  millions de reals (115 millions d’euros).»

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