Rumsfeld au Maroc : l’OTAN au menu

Rumsfeld au Maroc : l’OTAN au menu

Le secrétaire d’Etat américain à la Défense, Donald H. Rumsfeld, devait arriver au Maroc vers la fin de la journée de dimanche 12 février 2006. Le responsable américain, selon l’ambassade US à Rabat, devait avoir des entretiens avec de hauts responsables marocains concernant les relations bilatérales, la coopération militaire et la sécurité internationale.
Le Maroc est la troisième et dernière étape d’une tournée qui a mené Donald Rumsfeld en Tunisie puis en Algérie où il était arrivé, hier dimanche, pour une visite de quelques heures avec, au programme une rencontre avec le ministre délégué algérien à la Défense Abdelmalek Guenaizia.
Cette tournée a été, à l’instar de celle de Robert S. Mueller, patron du FBI, entourée de la plus stricte des discrétions. Donald Rumsfeld, qui n’a pas programmé de rencontres avec les journalistes, a fait une "dérogation" en prévoyant un point de presse prévu ce lundi dans la matinée dans l’un des hôtels de Fès. Selon le service de presse des forces américaines, cette visite vise le renforcement des relations militaires entre les Etats-Unis et des pays amis et partenaires de longue date.
Le Maroc jouit d’un statut particulier parmi les alliés africains des Etats-Unis et surtout pour ce qui est de la lutte contre le terrorisme, fléau dont ont fait les frais les deux pays lors des attaques terroristes du 11 septembre 2001 et du 16 mai 2003.
L’intérêt des Américains pour cette région, avec la visite en l’espace de quelques jours de deux hauts responsables US, proviendrait des inquiétudes suscitées par l’intensification des activités terroristes dans la zone sahélo-saharienne comme l’attestent plusieurs rapports et des arrestations effectuées récemment. Des groupes terroristes, et notamment le GSCP algérien, ont opté pour cette région pour y installer des camps d’entraînement fournissant des candidats à des attentats terroristes en Europe notamment. Ces divers groupes ont fait allégeance à l’organisation d’Al Qaïda de Ben Laden.
Pour les Etats-Unis, ces donnes font que la lutte internationale contre le terrorisme ne saurait donner de résultats probants sans l’implication des pays limitrophes de cette région du Sahel et du Sahara. Plusieurs programmes, dont des manœuvres militaires, y ont déjà vu le jour pour contrer la menace terroriste.
La visite au Maroc de Donald Rumsfeld a été précédée d’une manifestation à Rabat. A l’appel de l’AMDH (Association marocaine des droits de l’Homme), quelques dizaines de personnes se sont massées aux abords du Parlement pour manifester contre la visite de Rumsfeld accusé d’être derrière les malheurs des peuples afghan, irakien et même palestinien… Pour les amis de Abdelhamid Amine, cités par l’AFP, le Maroc doit non seulement refuser d’intégrer les plans américains, mais arrêter également toute coopération avec l’OTAN. L’alliance atlantique  avait fait du Maroc un partenaire stratégique hors-OTAN.

 Rumsfeld, faucon parmi les faucons

Donald H. Rumsfeld est titulaire du département de la Défense américain depuis le 20 janvier 2001. Il ne fait ainsi que retrouver un poste qu’il avait déjà occupé il y a près de trente ans, entre 1975 et 1977. Proche également du président Bush, partisan de la guerre contre l’Irak, Rumsfeld accumule de longues années d’étroite collaboration avec d’autres présidents américains et notamment le président Richard Nixon dont il a été l’assistant et le président Gerald Ford. Quand il ne fait pas de politique, Donald  Rumsfeld occupe des postes de premier plan dans des sociétés dont deux font partie des 500 du célèbre magazine "Fortune". Il occupera également plusieurs autres postes dont celui de secrétaire général de la Maison-Blanche ou encore le poste de représentant des Etats-Unis à l’OTAN. Plusieurs fois congressman, Rumsfeld s’est engagé dans l’armée juste après des études en sciences politiques à Princeton. Pilote, il finira par devenir instructeur avant de délaisser l’armée pour la politique et les affaires. 

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