Sahel chez Aznar

Le ministre de l’Intérieur El Mustapha Sahel entamera à partir du 18 novembre une visite de travail en Espagne où il aura des entretiens avec plusieurs responsables espagnols. Le ministre marocain se réunira le 19 novembre à Madrid avec son homologue espagnol, Angel Acebes. La visite de Sahel permettra certainement de réaliser des avancées très importantes en ce qui concerne la coopération en matière de sécurité et les dossiers d’intérêt bilatéral. L’ordre du jour de la réunion entre les deux ministres de l’Intérieur sera axé sur l’immigration clandestine, le trafic de drogue et la lutte contre le terrorisme. S’agissant du dossier de l’immigration clandestine, la visite du responsable marocain à Madrid intervient à un moment où le Maroc vient de se doter d’une politique nationale de lutte contre ce fléau dont les grandes lignes ont été tracées par Sa Majesté le Roi Mohammed VI lors d’une séance de travail consacrée à la question de la migration et de la surveillance des frontières. Des décisions qui ont été vivement saluées en Espagne. La ministre espagnole des Affaires étrangères, Ana Palacio, a salué dans des déclarations à la presse ibérique les instructions données par S.M. le Roi visant à créer une Direction de la migration et de la surveillance des frontières et d’un Observatoire de la migration, estimant que les décisions du Souverain représentent une initiative de « très haute importance ». Par ailleurs, la partie espagnole espère que la visite du ministre marocain à Madrid sera l’occasion de concrétiser un accord de mise en application de la convention sur le rapatriement des clandestins subsahariens interceptés en Espagne. Un problème qui constitue le plus important point de discorde entre les deux gouvernements. Rappelons que les responsables espagnols ont manifesté, à maintes reprises, leur déception face au refus marocain d’accepter le rapatriement des immigrés clandestins subsahariens. Madrid évoque à ce propos l’accord signé en 1992 entre les deux gouvernements qui stipule que le Maroc doit réadmettre tous les clandestins l’ayant utilisé comme point de départ en direction de l’Espagne. Lors d’une réunion tenue à Malaga début avril du groupe de travail sur l’immigration, la délégation marocaine dirigée par l’ex-directeur des affaires internes au ministère de l’Intérieur, l’actuel wali de Casablanca, M’hamed Dreyef, les deux parties avaient convenu de mettre en application cette clause de l’accord et que Rabat n’a jamais voulu appliquer, selon le gouvernement espagnol. Ce blocage avait poussé Madrid à envoyer au Maroc le délégué du gouvernement pour l’immigration, Ignacio Gonzalez, pour s’entretenir avec le ministre de l’Intérieur, El Mustapha Sahel, sur cette question. Cependant, les débats des deux responsables n’ont pas abouti à des résultats concrets et la partie marocaine avait alors demandé un délai de réflexion afin de mettre au point un ensemble de suggestions que Sahel présentera lors d’une visite qu’il compte effectuer prochainement à Madrid. Aujourd’hui, avec la visite de Sahel et vu la conjoncture dans laquelle elle a lieu, les deux points de vue des deux gouvernements semblent être plus proches et l’on peut dès lors s’attendre à ce que le préaccord établi par le groupe de travail mixte chargé du dossier de l’immigration à propos du rapatriement des Subsahariens soit ratifié par le Maroc.

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