Sahel contre les centres de rétention

Sahel contre les centres de rétention

Niet. Telle est la réponse du Maroc quant à l’idée de créer, dans notre pays comme dans le reste des pays du Maghreb, des Centres de rétention pour les immigrés clandestins originaires des pays de l’Afrique subsaharienne qui tentent de gagner l’Europe. Une réponse claire et nette, formulée par le ministre de l’Intérieur Mostapha Sahel lors de la séance des questions orales du mardi 14 décembre dernier.
Estimant que «le Maroc n’est pas convaincu de la création de ces centres de rétention dans les pays maghrébins», le ministre souligne l’opposition du Maroc à une idée pour laquelle plaident certains pays européens. Les dirigeants de l’UE, réunis le 5 novembre à Bruxelles et ayant pour priorité la lutte contre l’immigration illégale, envisagent de développer des « programmes de protection des réfugiés » près des régions d’origine pour aider les pays du Maghreb à contrôler leurs frontières et à renforcer leur capacité d’accueil de réfugiés d’Afrique sub-saharienne. Mais le constat est là. D’une réponse exceptionnelle, ces «camps», se sont mus en instrument de gestion de l’immigration dotés d’une double fonction : lieux de relégation des indésirables, ils sont aussi et surtout, pour les Etats européens, une façon d’afficher, sur un mode ostentatoire, leur volonté de maîtriser les flux migratoires.
Une approche que ne partage pas le Maroc. «L’approche doit être économique dans le cadre d’un partenariat avec les pays subsahariens … Le Maroc est disposé à coopérer dans ce domaine avec l’Europe», a affirmé M. Sahel. Une position également partagée par le voisin de l’Est. «L’Algérie ne pourra pas accepter d’avoir sur le territoire d’un pays du Maghreb un camp où seront parqués les immigrants clandestins en attendant que leurs dossiers soient régularisés dans un pays européen», avait averti au mois de novembre le ministre algérien des Affaires étrangères, Abdelaziz Belkhadem.
Le ton est certes plus nuancé chez nous, mais il reste tout aussi ferme. La coopération en matière de lutte contre l’immigration clandestine devra répondre à une approche globale qui donne la priorité à la dimension économique. Le développement social et économique étant la solution efficiente pour la lutte contre ce phénomène en créant des opportunités d’emploi et en donnant plus d’espoir aux candidats à l’immigration, surtout les jeunes. Un objectif doublé d’un autre, celui de prendre le mal par la racine, à savoir les réseaux de trafic des personnes. Dans cette perspective, il a été procédé à l’adoption de la loi relative à l’entrée et au séjour des étrangers et à l’immigration illégale. Les peines contre les personnes impliquées dans les opérations d’immigration clandestine (organisateurs et complices) ont également été renforcées.
La création de deux instances spécialisées en immigration clandestine, en l’occurrence la Direction de la Migration et de la Surveillance des frontières et l’Observatoire de la Migration, obéissent à ce même schéma. Au même titre que l’équipement des plages et des frontières en matériels de reconnaissance et de surveillance et la mise en place d’une ceinture de sécurité permanente à laquelle participent plus de 7.000 personnes renforcées récemment par des éléments des Forces auxiliaires. Le résultat est palpable. Jusqu’au 10 décembre courant, près de 420 réseaux d’immigration clandestine ont été démantelés.
Quelque 25.800 immigrés clandestins ont été arrêtés lors de la même période. 9.200 parmi eux sont Marocains et 16.600 sont étrangers, en majorité des Subsahariens.

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