Saïd Al Ourafi affronte seul son sort

Alors qu’un programme national de lutte anti-tuberculose a été mis en place pour accélérer la régression de la maladie et réduire de moitié la prévalence et la mortalité de la tuberculose, des patients sont abandonnés à leur propre sort. Tel est le cas de Saïd Al Ourafi , âgé de 39 ans et habitant à Berrechid. Ce jeune père de famille, diplômé de l’école des Beaux-Arts de Casablanca qui travaille dans une société de céramique à Berrechid, se trouve dans un état déplorable. Atteint déjà d’un rhumatisme articulaire cardiaque, il suit actuellement un traitement «provisoire» prescrit par son médecin généraliste pour calmer les douleurs. Ce médicament annule malheureusement l’effet du traitement anti–rhumatisme articulaire cardiaque. Conséquences, Saïd n’est ni soigné contre la tuberculose, ni contre le rhumatisme articulaire cardiaque. Il a besoin d’un traitement d’urgence.
Cependant, il n’a toujours pas eu la chance de pouvoir rencontrer le professeur Mebchour à l’hôpital Er-Razi de Berrechid. «Mon médecin généraliste m’a donné une lettre pour un rendez-vous avec le professeur Mebchour afin qu’il me prescrive un traitement et suive mon état de santé de très près. Je n’ai pas pu le voir car il semble qu’il est en congé. Pire encore, il n’y avait personne pour le remplacer. Je suis dans le doute total. Je voudrais juste savoir à quel stade est ma maladie», affirme M. Al Ourafi. Et d’ajouter : «Mon état de santé se détériore à tel point que je ne bouge plus de mon lit». C’est par hasard que M. Al Ourafi a découvert sa maladie. «Je n’ai jamais pensé un jour être atteint de la tuberculose et d’un rhumatisme articulaire cardiaque. C’est après la naissance de ma seconde fille que j’ai appris la mauvaise nouvelle. Plusieurs personnes de mon entourage avaient remarqué que j’avais perdu beaucoup de poids. Je ne mangeais plus. C’est alors que j’ai décidé de consulter un médecin généraliste qui m’a aussitôt donné des analyses à faire. Dès que j’ai été informé des résultats, je suis resté sous le choc. J’ai finalement accepté ma maladie et je garde espoir», révèle M. Al Ourafi.  Ce patient se meurt chez lui sans que rien ne soit entrepris pour que sa santé s’améliore. Sa femme, mère de deux petites filles, l’une âgée de 6 ans et l’autre de 40 jours seulement et sa mère demeurent impuissantes. Elles craignent une mort subite et manifestent leur angoisse d’être, à leur tour, contaminées.
Combien sont-ils au Maroc à vivre cette tragédie ?
Rappelons que plus de 25.500 nouveaux cas de tuberculose ont été enregistrés au Maroc en 2007. L’incidence de la maladie au niveau national s’élève à 82 cas pour 100.000 habitants, alors que sa régression annuelle reste très faible (2 à 3 %). Le poumon reste la localisation de prédilection. Notons que 55% des cas sont des tuberculoses pulmonaires et 45% des localisations extra-pulmonaires. Sur le plan mondial, le tiers de la population mondiale est affecté par la bacille de la tuberculose, soit 2 milliards de personnes et plus de 8 millions nouveaux cas sont détectés chaque année. Et ce n’est pas tout. Ce fléau est à l’origine d’environ 1,6 million de décès par an à travers le monde, soit 4.400 par jour.

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