Salmonella Kentucky : Le Maroc n’est pas à l’abri

Salmonella Kentucky : Le Maroc n’est pas à l’abri

Une nouvelle forme de la bactérie salmonelle appelée «Salmonella Kentucky» gagne du terrain. La zone de contamination, initialement limitée à l’Afrique du Nord-Est et de l’Est, s’est élargie à l’Afrique du Nord et de l’Ouest et au Moyen-Orient. Cette bactérie qui est une variante de la salmonelle connue pour être l’une des premières causes des infections alimentaires chez l’homme inquiète les scientifiques. La principale raison est que ce germe présente des résistances à de nombreux antibiotiques notamment aux fluoroquinolones qui constituent actuellement l’un des traitements clés des infections sévères à Salmonella. Dans un communiqué publié le 3 août, l’Institut Pasteur en France explique que «l’explosion récente des cas serait liée à la propagation de la bactérie en Afrique dans la filière volaille, grande consommatrice de fluoroquinolones. C’est le cumul de toutes les résistances sur la même souche de Salmonella Kentucky qui serait ainsi à l’origine de l’épidémie actuelle ». Mais qu’en est –il au Maroc ? Contacté par ALM, le Dr Brahim Bouchrif, chercheur à l’Institut Pasteur de Casablanca et co-auteur de l’étude internationale sur l’évolution de la Salmonella Kentucky affirme que «le Maroc n’est pas à l’abri de cette nouvelle souche» tout en soulignant que «La Salmonella Kentucky s’est propagée dans le monde y compris au Maroc. Le Royaume a été touché par cette bactérie en 2006 et en 2010. Un cas et a été déclaré en 2006 et été admis au Centre hospitalier universitaire (CHU) de Casablanca et deux autres cas en 2010. Tous ces cas ont été isolés. Pour l’instant, aucun cas n’a été déclaré mais la vigilance reste de mise ». Selon Dr Bouchrif, la volaille est le principal vecteur de la bactérie tout en précisant que cette bactérie est présente dans d’autres aliments en l’occurrence les fruits de mer et les produits à base d’œufs. Les personnes s’infectent en mangeant des aliments insuffisamment cuits ou contaminés. Les symptômes se manifestent par des vomissements, des diarrhées, de la fièvre et des crampes d’estomac. «Quant au traitement, il est fortement conseillé de prendre des antimicrobiens notamment les céphalosporines», précise Dr Bouchrif. Pour lutter contre cette bactérie et cette forte résistance aux traitements, les chercheurs conseillent et mettent en garde contre l’utilisation abusive des antibiotiques dans les élevages qui favorise l’apparition et la propagation des gènes de résistance chez des bactéries responsables d’infections alimentaires. « L’émergence de ces souches est probablement due à l’utilisation abusive des antibiotiques dans les élevages», explique-t-il. Selon les chercheurs, l’Egypte pourrait être le berceau géographique des trois étapes d’apparition des résistances aux antibiotiques. «C’est dans ce pays qu’ont toutes été identifiées pour la première fois les modifications génétiques qui en sont à l’origine», précise le communiqué de l’Institut Pasteur en France. Selon la même source, la bactérie commence à s’implanter en Europe, multipliant ainsi le risque d’une contamination de la volaille d’élevage et donc la menace d’une propagation à grande échelle.


 Conséquences pour la santé de l’apparition de souches de salmonelles résistantes aux antimicrobiens
Les études récentes apportent de plus en plus de preuves des conséquences préjudiciables pour la santé de l’apparition de micro-organismes résistants. Ces conséquences peuvent se répartir en deux catégories : survenue d’infections qui sinon ne seraient pas apparues et augmentation de la fréquence des échecs thérapeutiques et de la gravité des infections.Chez l’homme, comme chez l’animal, l’utilisation d’antimicrobiens agit sur les voies intestinales, exposant les sujets concernés à un risque accru de contracter certaines infections. Les personnes prenant par exemple des antimicrobiens pour des raisons indépendantes courent donc un risque majoré d’être contaminées par des salmonelles résistantes à ces médicaments. En outre, l’utilisation d’antimicrobiens chez l’animal peut favoriser la transmission entre animaux de micro-organismes résistants, et donc conduire à une transmission accrue de tels micro-organismes à l’être humain par voie alimentaire. Par ailleurs, l’augmentation de la fréquence des échecs thérapeutiques et de la gravité des infections peut se manifester par une prolongation de la durée de la maladie, par une plus grande fréquence des septicémies et des hospitalisations, ou par un accroissement de la mortalité. Plusieurs études ont mis en évidence l’association entre une augmentation de la fréquence relative des souches de salmonelles résistantes aux antimicrobiens et un accroissement de celle des hospitalisations pour salmonellose.

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