Salon de l’auto de Genève : Un rendez-vous onctueux

Salon de l’auto de Genève : Un rendez-vous onctueux

Genève, 28 février dernier, tôt dans la matinée ; la température extérieure oscille entre 0 et 3 °C aux abords du lac Leman, mais bien plus clémente dans l’enceinte du Palexpo. Ce palais des expositions qui abrite habituellement le «Salon international de l’auto et accessoires» de Genève, grouille de journalistes et autres personnes travaillant dans la communication (en plus des exposants). Car les deux jours qui précèdent l’ouverture au grand public, sont strictement dédiés à la presse. Une presse venue de tous bords et massivement, si l’on s’en tient aux prévisions des organisateurs qui ont annoncé plus de 4.000 journalistes accrédités. Cela, en attendant de drainer comme à son accoutumée un nombre important de visiteurs, puisque l’an dernier, il en a attiré près de 750.000.
Plusieurs raisons expliquent le caractère attractif, pour ne pas dire exclusif de l’exhibition genevoise. Au-delà de toute considération géopolitique inhérente à la Confédération Helvétique (la Suisse), le Salon de Genève est d’abord la première grande «fête» de l’automobile européenne de l’année. Il a lieu chaque année à l’inverse du Mondial de Paris et de la Messe automobile de Francfort, qui s’alternent chaque mois de septembre.
Ensuite et justement, il s’agit d’un pays neutre et pas uniquement sur le plan politique. C’est un pays qui ne compte aucun grand constructeur automobile, contrairement à deux de ses voisins. Ici, il n’y a pas de lobby français, allemand et encore moins asiatique.
Mais surtout et au fil des ans, l’expérience a démontré que la majorité des constructeurs préfèrent ce Salon pour révéler leurs nouveautés ou présenter des études de styles ou prototypes comme on les appelle plus communément. Et des nouveautés, il y en a à la pelle pour cette la 76ème édition, près de 140 plus exactement. Il y a aussi des véhicules d’exception et de sulfureuses GT. Ainsi, dès nos premiers pas dans le gigantesque hall 1 (le Salon de 77.000 m2 en compte 7 !), on pouvait percevoir la Bugatti Veyron, la voiture de série la plus rapide du monde (407 km/h), ainsi que Thomas Bscher, patron de la marque. Doté d’un moteur de 16 cylindres qui développe 1.000 chevaux, ce coupé au profil bas s’affiche à un prix très élevé : 1,1 million d’euros. Avoisinant ce petit stand qui n’abrite qu’un seul modèle, celui de Audi est bien plus grand et laisse découvrir à la présence le Q7, le premier SUV (Sport utility vehicle) de la marque, ainsi que la toute nouvelle génération du fameux break 4×4, l’Allroad. Présent en force, Kia Motors Compagny a retenu une attention particulière de la part des journalistes et même des exposants concurrents. Il faut dire aussi que le constructeur sud-coréen a présenté ce jour là deux belles pièces. Il y a d’abord la nouvelle génération de son grand monospace le Carnival qui est l’une des grandes nouveautés dans sa gamme pour cette année (et qu’ALM présentera plus en détail ultérieurement). A noter aussi que, la veille au soir, le nouveau Carnival avait été révélé en grande pompe dans les studios de la Télévision suisse romande (TSR) en présence de Jin-Haeng Chung, président de Kia Motors Europe. Puis il y a l’étude de style Cee’d Concept. Avec cette dernière, Kia frappe fort, car il ne s’agit pas seulement d’un prototype de rêve, mais bien d’une étude préfigurant la future compacte de la marque. Son design comme son niveau de sophistication témoignent de la montée en puissance de Kia, confirmant bien son nouveau slogan : «The power to surprise» («la force de surprendre»).
Du côté de Hyundai, partenaire et concurrent de Kia (puisqu’ils forment le même groupe), c’est le nouveau 4×4 Santa Fe et le haut de gamme Azera qui ont brillé de mille feux aux côté du «Genus» un concept-car de crossover. Chez BMW, la star était incontestablement le Z4 M en versions Roadster et Coupé. Ce dernier était d’ailleurs haut perché dans un stand où deux autres bolides de la «série M» à savoir, la M5 et la M6, tentait de lui ravir la vedette.
Grand Salon également pour Volvo dont les deux grandes stars du Salon sont le nouveau cabriolet C70 et la grande berline S80, totalement renouvelée. Quant à Toyota et sa filiale de luxe Lexus, leurs stands font la part belle aux motorisations hybrides (électricité/essence). Car il faut dire que le Salon genevois coïncide avec une conjoncture économique assez morose. Outre le fait que la production automobile se déplace de plus en plus vers les pays de l’Est, il y a la baisse caractérisée des ventes sur les principaux marchés du Vieux Continent et surtout la cherté des prix à la pompe. D’où la présentation de bon nombre d’innovations en matière d’énergie dites «alternatives» (lire encadré). Ceci étant, il n’en demeure pas moins que le Salon de Genève reste une grand messe pour l’automobile qui vaut le détour. Avis donc à tous ceux qui seront de passage dans les environs dans les dix jours qui viennent. Ils doivent juste prévoir des vêtements conséquents, car à la sortie du Salon, ce jour-là une petite tempête de neige s’est abattue sur Genève.

DNES à Genève

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