Sanctionner pour l’exemple

Le pire est arrivé. Un homme a trouvé la mort dans la guerre des artifices du rituel de Achoura. Le drame s’est produit à Rabat il y a deux jours. Un passant qui marchait dans la rue d’un quartier populaire, transformé à l’occasion en champ de déflagration par une bande de gamins, a reçu sur la tête comme une fléchette mortelle un gros pétard. Blessure grave à la naissance du cou. Hémorragie interne. Transportée à l’hôpital, la victime n’a pas pu être sauvée. Émotion et désolation. Cela n’enlève rien à la gravité de l’accident.
Nos confrères de 2M ont rapporté cette scène dramatique. De notre côté, nous avons attiré l’attention des responsables, bien avant ces festivités explosives, sur le danger de l’attirail de Achoura qui n’a rien d’un joujou. Il s’agit pour la plupart du temps de vraies grenades, susceptibles de faire des dégâts sérieux. Après le temps de l’indignation, celui des bonnes questions : qui est responsable de la mort de cette personne innocente ? Qu’a –t-elle fait pour qu’on attente bêtement à sa vie ?
Certains peuvent toujours arguer qu’il s’agit d’un accident malheureux pour diluer les responsabilités. D’autres s’empresseront d’invoquer le coup du destin pour suggérer que les jours de la victime sont bel et bien terminés… Ce genre d’assertions justifient le problème au lieu de le règler. L’affaire, beaucoup plus grave qu’elle ne parait, renvoie d’abord et surtout au laxisme des autorités qui ont permis l’introduction, fût-elle frauduleuse, de ces explosifs dont tout le monde sait le caractère nocif. Ce sont ces responsables, à différents niveaux de commandement, qui doivent répondre de cette situation. Celui qui mérite de démissionner démissionnera, celui qui est passible de prison ira en prison…Car il est facile de condamner le seul le gosse qui a provoqué la mort. Ce serait une manière d’expier tous les arrangements et toutes les défaillances qui entourent l’entrée dans le pays des explosifs pour se retrouver ensuite entre les mains des enfants.
Justement, tout se passe au Maroc comme si personne n’était responsable. L’affaire du martyr malgré de lui des fêtes de l’Achoura n’a suscité aucune réaction officielle, encore moins des questions de fond sur le rôle des uns et des autres. La sanction pour l’exemple des coupables directs et indirects, qui aura l’avantage frapper les esprits, est le meilleur antidote contre le laxisme et l’indifférence.

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