Sans-papiers : motus et bouche cousue !

Sans-papiers : motus et bouche cousue !

Les sans papiers de Belgique se mobilisent pour la régularisation de leur situation. Depuis plusieurs jours, des dizaines de cas ont investi des églises de la capitale, Bruxelles, puis d’autres villes où ils observent des grèves de la faim avec une seule et unique revendication : "des papiers maintenant". Ils se battent en usant de tous les moyens pour arriver à leur objectif. Celui  de régulariser leur situation pour pouvoir vivre dans de bonnes conditions loin des tracas quotidiens.
Un Marocain, faisant partie d’une trentaine de grévistes qui occupent l’église Notre-Dame de la Lumière à Glain, à l’est du pays et en guise de protestation, s’est même cousu les lèvres dimanche 30 avril, rapporte la presse belge.
Ayant pris connaissance des faits, les représentants de l’UDEP (Union pour la défense des sans-papiers) ont transporté l’immigré marocain à l’hôpital, le même jour, en début de soirée, où il a reçu les soins nécessaires.
Cependant, le jeune homme a refusé de se faire enlever les quatre points de suture réalisés avec du gros fil.
Après son passage à l’hôpital, il a de nouveau rejoint l’église Notre-Dame de la Lumière à Glain, où le mouvement de protestation se poursuit pour exiger la régularisation de la situation de nombreux sans-papiers de diverses nationalités.
Ce sont notamment des Albanais, des Kosovars et des Iraniens qui ont trouvé refuge dans cette église. "C’est un homme de 31 ans qui est arrivé pour soutenir notre mouvement deux jours après le début de l’occupation de l’église", explique le porte-parole de l’UDEP, cité par l’agence de presse Belga. "Il dit qu’il souffre trop et en a assez d’être sans papiers", ajoute-t-il, rapporte les mêmes sources.
Ce Marocain de 31 ans, dont la famille est restée au Maroc, a commis cet acte désespéré contre l’avis des autres occupants de l’église. Selon les mêmes sources, l’immigré marocain ne dispose pas de titre de transport pour retourner dans son pays natal où se déroulent les funérailles de son défunt père. "Il a perdu ses nerfs et a pensé au suicide pour se faire entendre.
Nous avons tenté de l’en dissuader, mais il refuse catégoriquement de nous entendre", indique le porte-parole liégeois de l’UDEP.
Déterminé à faire entendre sa voix, le jeune homme exige de rencontrer la presse.
Entamé le 25 avril 2006 dans l’église Saint-Boniface, dans la commune bruxelloise d’Ixelles, dont les occupants ont fini par obtenir leur régularisation, le mouvement a fait tache d’huile. Des vagues de protestation se sont élevées partout dans le pays.
Une dizaine d’églises sont aujourd’hui occupées à Bruxelles et dans d’autres villes comme Charleroi, Mons, Namur, La Louvière, Gand, Anvers et Verviers.
Ils revendiquent tous la régularisation de leur situation pour pouvoir mener une vie digne. Les grévistes sont déterminés à poursuivre leur lutte jusqu’à satisfaction de leur revendication.

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