Santé : Ces rhumatismes handicapants

C’est une maladie invalidante, source de grands handicaps fonctionnels. Elle touche dans la plupart des cas les femmes, surtout à la période péri ménopausique. Mais elle peut aussi atteindre les hommes et les enfants Sa sévérité varie entre des formes compatibles avec une vie normale et des formes entraînant un handicap important. La PR n’est pas contagieuse ni héréditaire, bien qu’il existe un terrain génétique de prédisposition.
Selon le professeur O.Mkinsi, chef de service du rhumatologie à l’hôpital Ibn Rochd à Casablanca, la PR provient d’une inflammation qui touche électivement la membrane synoviale. Une membrane qui tapisse l’intérieur des articulations, s’épaissit, sécrète en excès du liquide synovial, d’où le gonflement des articulations. Ces lésions de la membrane synoviale entraînent une destruction cartilagineuse, osseuse et de lésions tendineuses car certains tendons sont entourés de capsule synoviale qui peut s’enflammer et d’autres peuvent être déchirés par une extrémité osseuse devenue irrégulière.
La maladie débute habituellement au niveau des mains où elle peut rester cantonnée, explique le professeur Mkinsi, mais elle peut aussi s’étendre plus ou moins rapidement aux autres articulations. La PR est également une maladie générale qui peut toucher les poumons, le coeur voire les vaisseaux, et par ce biais, diffuser à plusieurs organes.
En principe, l’apparition des premiers signes doit pousser le patient à consulter un rhumatologue. Ce dernier, par un interrogatoire soigneux, un examen du malade, des analyses biologiques et des radiographies articulaires, pourra écarter les autres maladies dont certaines peuvent commencer comme la PR. C’est une maladie considérée comme auto-immune. Autrement dit, à partir d’un facteur déclenchant dont on ne connaît pas l’origine, l’organisme ne reconnaît plus les articulations et le système immunitaire qui nous protège va les détruire.
Différents traitements de fond sont disponibles et nécessitent une surveillance précise de leurs effets bénéfiques sur la maladie mais aussi de leurs effets toxiques dans certains cas. Le médecin en assurant ce suivi, pourra ajuster les doses des divers produits et surveiller leur toxicité. Les traitements de fond peuvent contrôler et freiner l’évolution de la maladie, car non traitée, cette dernière va évoluer par poussées aboutissant à des déformations articulaires.
D’autres types de traitements sont parfois nécessaires comme la chirurgie pour corriger certaines déformations ou remplacer une articulation par une prothèse. Au total, c’est une maladie chronique de gravité variable, résume le Pr.Mkinsi.
Malgré les crises douloureuses, elle n’empêche pas une vie active sous traitement, à condition de respecter le traitement, de suivre quelques précautions et si nécessaire, avoir recours à un soutien psychologique si le patient ressent le besoin à certains moments. Sans prise en charge thérapeutique et psychosociale adéquate, la polyarthrite rhumatoïde ne guérit que rarement ; d’où l’importance de l’information et de la sensibilisation du malade et de sa famille.

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