Santé : Élimination de la publicité du tabac

Le responsable des négociations inter-Etats sur le projet de Convention internationale réglementant l’usage du tabac a présenté mardi à Genève une version de ce futur traité qui prévoit notamment l’élimination progressive de la publicité en faveur du tabac.
Dans ce cadre, l’ambassadeur brésilien Luis Felipe de Seixas Correa a indiqué, au siège de l’OMS en présentant le projet en question, qu’il avait tenté de concilier les différentes approches des 191 Etats membres de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), dans ces négociations très controversées, indiquant que toutes les propositions visent à suivre une ligne cohérente et susceptible de rallier le plus d’avis favorables dans ce sens. Et de souligner qu’il y a un principe général en vertu duquel chaque Etat partie devra progressivement éliminer la publicité et la promotion du tabac, ainsi que les activités de parrainage. Et de relever que l’interdiction de la publicité, l’indemnisation des victimes du tabac grâce à de nouvelles législations et les mesures de compensation pour les producteurs des pays en développement, qui renonceraient à produire du tabac, sont les mesures les plus controversées. Et de conclure que le texte, qui sera complété par des protocoles additionnels, pourrait être adopté d’ici mai 2003, précisant que les prochaines négociations sur le texte auront lieu le 14 octobre 2002 à Genève.
Le projet traite également de l’interdiction de la vente de cigarettes aux mineurs, de la suppression des duty-free sur les produits issus du tabac, ou encore des mesures pour lutter contre la contrebande des cigarettes tels que des marquages spéciaux sur les paquets pour identifier leur provenance. Ce projet prévoit aussi de mettre fin aux mentions « cigarettes légères » sur les paquets de cigarettes, l’OMS considérant que ces produits sont tout aussi dangereux que les autres, comme il envisage la suppression des subventions aux producteurs de tabac et aux cigarettiers dans certains pays. Les Etats signataires seront contraints de rendre compte de l’avancement des mesures prises pour appliquer la Convention.
Les premières négociations, sous l’égide de l’OMS, ont débuté en octobre 2000 à Genève, après des auditions publiques de toutes les parties intéressées, organismes de santé publique, associations anti-tabac, « cigarettiers » et producteurs de tabac. Plusieurs séries de discussions ont ensuite eu lieu, au cours desquelles l’Allemagne, le Japon et les Etats-Unis ont été souvent accusés, par des responsables de l’OMS et des ONG anti-tabac, de tenter d’affaiblir le texte de la Convention et de soutenir l’industrie du tabac. Selon l’organisation mondiale, qui est à l’origine de cette idée de convention anti-tabac, 4,2 millions de personnes meurent chaque année des conséquences du tabac.

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