Santé : La grève nationale du 16 octobre a bien eu lieu

Santé : La grève nationale du 16 octobre a bien eu lieu

Louardi n’a pas pu empêcher le débrayage des médecins du public

«Il est inadmissible qu’un médecin touche 5 DH par heure de garde, soit 120 DH, pour une garde de 24 h», s’insurgent les syndicats.

Le ministre de la santé, El Houcine Louardi, n’a finalement pas réussi à contenir la colère des médecins du secteur  public. La grève nationale et le sit-in devant le siège du ministère de la santé ont effectivement eu lieu hier lundi 16 octobre. Ce débrayage a été massivement suivi comme le confirme Dr Youssef Elkhayati, secrétaire général du bureau des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes de l’Organisation démocratique de la santé (ODT) et membre de l’ODT. «Vers 10 h du matin, plus de 3.000 médecins venant des différentes villes du Royaume étaient présents  pour protester contre la détérioration de leurs conditions de travail». Il ne s’agit là que d’un chiffre provisoire. Selon Dr Elkhayati, le nombre des médecins grévistes devait augmenter pour atteindre les 4.000. Ce dernier signale également que «99% des hôpitaux publics ont fermé leurs portes durant la journée du lundi hormis les urgences et la réanimation».

Avant la tenue de cette grève nationale, le ministre de la santé avait  promis aux différents syndicats (Syndicat indépendant des médecins du secteur public et  les syndicats les plus représentatifs du secteur , à savoir la Confédération démocratique du travail (CDT), l’Union générale des travailleurs du Maroc (UGTM), l’Union nationale du travail au Maroc (UNTM)) de répondre favorablement à  l’ensemble de leurs revendications.  Dans un communiqué publié dimanche 15 octobre, le département d’El Louardi indique que «le dialogue social est engagé et sur la bonne voie». Cela dit, le ministère assure que malgré des efforts, certains syndicats restent réticents. Il se dit prêt à poursuivre le dialogue avec tous les intervenants pour trouver une solution. L’ODT comme les autres syndicats estime que le ministre de la santé ne veut pas trouver un accord avec les médecins mais il cherche plutôt à gagner du temps.  Les syndicats revendiquent haut et fort une équivalence entre le doctorat de médecine et le doctorat national, ainsi qu’une rémunération selon l’indice salarial 509, avec tous les avantages administratifs et financiers qui en découlent, à savoir  un salaire de 15.000 dirhams/mois, contre 8.600 dirhams de revenus mensuels qu’offre l’indice 336 en vigueur (salaire équivalent au niveau du master). Outre l’augmentation des salaires, les médecins revendiquent une hausse des primes. Les médecins du public estiment que le  système d’indemnisation des gardes est totalement déconnecté de la réalité du terrain. «Il est inadmissible qu’un médecin touche 5 DH par heure de garde, soit 120 DH, pour une garde de 24 h», déplore-t-il. Pour le Dr Elkayati, un médecin du public doit percevoir une indemnité de garde de 500 DH par unité de garde (12h).   Les médecins souhaitent également une augmentation de l’indemnité de spécialité et  réclament notamment des équipements et moyens logistiques adéquats pour accueillir les patients dans les hôpitaux publics dans des conditions optimales de confort, en vertu des accords du 21 décembre 2015. Notons que les mouvements de protestation ne sont pas près de s’arrêter tant que le ministère de la santé n’aura pas donné une suite favorable à leur dossier revendicatif. «Si le ministre ne donne pas de suite favorable à nos doléances, nous n’avons d’autre choix que d’accélérer la cadence des grèves à raison de 2 à 3 grèves par semaine», signale-t-il.

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