Santé : La réforme sans la forme

Santé : La réforme sans la forme

La réforme hospitalière est l’objet de journées portes-ouvertes organisées à Casablanca, du 23 au 25 du mois en cours, sous la présidence effective du Premier ministre Driss Jettou. Le ministère de la Santé y invite plusieurs ministres africains, la majorité des ex-ministres marocains et une pléiade d’intervenants pour évaluer le chemin parcouru jusque-là et opérer les rectifications qui s’imposent dans le cadre de la réforme hospitalière.
Cette dernière, initiée depuis près de trois ans à travers quelques expériences pilote, s’articule autour de trois principales composantes. La première est déclinée en deux axes. Il s’agit tout d’abord du développement des outils de gestion et management des hôpitaux, d’une gestion moderne des ressources humaines, de l’instauration d’une analyse et maîtrise des coûts et, finalement, d’une réorganisation administrative des hôpitaux publics. Ces derniers seront d’ailleurs dotés d’un règlement intérieur et seront concernés par un nouvel organigramme. Ce pan de la réforme concerne également la rénovation et la modernisation des bâtiments médico-techniques et la finalité du tout est de déboucher sur un nouveau cadre, celui du « projet d’établissement ». Ce dernier prévoit une gestion planifiée calquée sur le modèle d’une entreprise avec des projets intégrés au nombre de trois. Cela consiste en un projet médical, un projet infirmier et un projet de management dont les contours sont arrêtés chaque année grâce à une gestion participative incluant direction, praticiens et personnels médicaux. La direction des hôpitaux et soins ambulatoires, elle, aura la charge d’assurer la régulation, le conseil et l’encadrement.
La deuxième composante de cette réforme concerne l’amélioration du financement du secteur de la santé. Il s’agit de faire aboutir la couverture médicale de base (AMO et RAMED), mais aussi de mettre en place les comptes nationaux de santé. La troisième et dernière composante concerne, enfin, le renforcement de la capacité du ministère de la Santé dans la formulation des politiques et la prise de décision. Cela passera notamment par une réorganisation au niveau régional via la création des directions régionales. Une expérience est déjà en cours dans l’Oriental et ses résultats devront être débattus lors de ces rencontres.
Des aspects de cette réforme globale sont en expérimentation dans cinq hôpitaux régionaux du Royaume depuis trois ans (Settat, Safi, Agadir, Meknès et Béni-Mellal ).
La réforme hospitalière est financée grâce à un prêt de la Banque Mondiale qui a avancé 572 millions de dirhams, soit 85,5 % du total des budgets nécessaires. La première composante (équipements, assistance…) aura nécessité, à elle seule, 515 millions DH.
En plus des ministres africains de la Santé et de neuf ex-titulaires marocains du même poste, ces journées portes ouvertes verront la participation de plusieurs experts en provenance notamment de la France et du Canada. Une vingtaine d’interventions sont au programme autour de plusieurs thématiques et des recommandations seront formulées à la fin des travaux.

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