Santé : L’ostéoporose cortisonique

L’ostéoporose cortisonique, selon le Professeur O. Mkinsi, Chef de Service de Rhumatologie au CHU Ibn Rochd de Casablanca, est la plus fréquente des ostéoporoses secondaires et se place au 1er rang des complications des traitements cortisoniques au long cours. La connaissance de cette pathologie a bénéficié de progrès récents dans les domaines épidémiologiques, physiopathologiques et thérapeutiques, permettant ainsi d’envisager une stratégie globale de prévention et de prise en charge des patients sous corticothérapie de plus de 3 mois.
L’objectif de ces avancées étant de prévenir la perte osseuse ainsi que les fractures qui peuvent en découler.
L’action des corticoïdes est liée principalement à leurs effets directs sur de nombreuses cellules osseuses, particulièrement sur les cellules ostéoblastiques (celles qui fabriquent l’os) dont l’activité diminue. Ils négativent également la balance calcique en réduisant l’absorption digestive du calcium et en augmentant son élimination rénale. Ces effets conjugués entraînent une perte osseuse précoce, rapide et dépendante à la fois de la dose et de la durée du traitement cortisonique. Néanmoins, cette perte osseuse varie d’un individu à l’autre.
Les manifestations cliniques se traduisent par des fractures affectant préférentiellement la colonne vertébrale, mais aussi la hanche et les os longs. La particularité de cette ostéoporose dite cortisonique réside dans la fréquente indolence des fractures, en raison de l’action antalgique propre des corticoïdes.
Afin de prévenir cette maladie, il est nécessaire d’adapter la corticothérapie moyennant une prescription à la dose minimale efficace. De plus, il est possible d’améliorer la balance calcique par l’augmentation de la dose du calcium et de la vitamine D permettant ainsi de réduire les pertes calciques.
Cependant, pour prévenir et traiter l’ostéoporose cortisonique secondaire à une utilisation de corticoïdes supérieure à 3 mois, il existe un traitement efficace qui augmente la masse osseuse et réduit le risque de fracture de 70 % dès la première année. C’est le risédronate, un inhibiteur de la perte osseuse de dernière génération qui existe au Maroc depuis quelques mois.

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