Santé : Méfiez-vous des petits «bonbons»

Eve, Ecstasy, Speed, Polish soup… non, ce ne sont pas les noms des derniers groupes de techno ou de rock en vogue, ni des marques de vêtements branchés, mais les appellations de substances psychoactives, de drogues dites de synthèse, mieux connues sous l’étiquette «designer drugs». Surtout exportée en Europe et en Amérique, cette nouvelle génération de drogues a commencé à s’infiltrer dans les milieux aisés de notre société pour devenir, par la suite, la drogue des jeunes. En effet, présentées sous la forme de petits comprimés ou bonbons, colorés parfois avec des petits dessins, ces substances passent facilement au cours des soirées dansantes, dans les bars, discos, et même, en cette saison, dans les plages et piscines.
Les jeunes en sont particulièrement friands. Cette drogue est plus facile à trouver, elle n’est pas très chère, comparée à ces grandes soeurs, les dures : héroïne, crack, opium, cocaïne, cannabis… Et en plus, ses usagers ne sont pas obligés de les «sniffer» ou au pire, de se les injecter Les consommateurs de ces drogues sont occasionnels, rarement dépendants, ils utilisent ces substances pour lutter contre la fatigue et «se changer les idées», mais surtout dans un but récréatif, en quête d’euphorie, de détente, d’excitation ou de stimulation physique et intellectuelle parfois. Cependant, l’utilisation de ces «bonbons» n’est pas sans danger.
Une forte consommation peut induire des risques de confusion mentale, des troubles de la mémoire, perte de vigilance, agitation, irritabilité voire même toxicité pulmonaire, accidents cardiaques et overdoses. Ce sont d’ailleurs les mêmes risques qu’entraîne la consommation les drogues dures citées précédemment. Ces dernières se sont, depuis longtemps, intégrées dans notre vie quotidienne.
Cultivées et distribuées illicitement, elles ont un large public consommateur et un réseau de dealers méthodiquement organisé qui contribue entre autres à rendre le marché noir des stupéfiants chaque jour plus florissant. La plus célèbre drogue au niveau national est sans doute « le kif » ou cannabis produit dans le Rif et dont une bonne partie est exportée vers d’autres pays, quoique illégal, cultiver ces plants est en général une question de survie économique dans les pays pauvres, le Maroc n’est pas en reste.
L’approvisionnement en pavot, coca et autres est un «luxe» réservé à une élite de consommateurs. Les apprentis «junkies» se rabattent, faute de moyens et de contacts, sur les quelque 250 produits en vente libre ou sur ordonnance qui peuvent servir de drogue lorsque leurs doses sont modifiées. Les exemples les plus fréquents sont ceux des enivrants (chloroforme, alcool, benzène), des barbituriques et excitants, certaines médicaments (Prozac, Lexomil) et les produits de droguerie: colle, solvant, laque ou vernis…
La drogue est devenue un phénomène répandu, pourtant peu de gens semblent en mesurer la forte prolifération et les graves dangers. Des mesures plus solides devraient être prises à l’égard de cette lourde menace considérée comme une fatalité sur laquelle nous n’avons aucune prise.

• Fatima Zahra Hamil

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