Santé mentale : Le CNDH dénonce les conditions dégradantes des structures psychiatriques

Santé mentale : Le CNDH dénonce les conditions dégradantes des structures psychiatriques

Le Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) a présenté mardi 11 septembre à Rabat son rapport préliminaire sur la «Santé mentale et droits de l’Homme». Premier en son genre, ce rapport dresse un état des lieux des établissements psychiatriques, des équipements, du personnel et des  prestations des services. Le rapport pointe du doigt le manque d’infrastructure. Le Maroc dispose actuellement de 27 établissements publics spécialisés dans le traitement des maladies mentales. La capacité litière de l’ensemble de ces structures n’est que de 1725 lits. Depuis des années, celle-ci est en baisse continue. Alors qu’elle atteignait vers le milieu des années 1970 un millier de lits à Berrechid, aujourd’hui on ne compte plus que 240 lits. Et à Tit Mellil, elle est passée de 400 lits à 86 soit une baisse d’environ 80%. La literie dans la majorité des structure est détériorée. Le rapport souligne que «la plupart des établissements visités, notamment en dehors de l’axe Rabat-Casablanca-Marrakech, utilisent des sommiers rongés par la rouille, des matelas en mousse poreuse, avachie et souillée et de vieilles couvertures sales et souvent trouées».
Quant à l’architecture des établissements visités, celle-ci n’est pas adaptée aux besoins des usagers de la psychiatrie. Selon le rapport, la plupart des structures présentent un caractère asilaire plutôt qu’hospitalier. «Les exemples flagrants de ces structures avilissantes sont les services de psychiatrie de l’hôpital Mohammed V à Safi, de l’hôpital Moulay Ismaïl à Meknès et le pavillon réservé aux femmes de l’hôpital psychiatrique de Tétouan», note le rapport. La plupart de ces structures ne sont pas conformes aux normes internationales et ne sont pas adaptées aux exigences du traitement des troubles mentaux. Certaines sont totalement négligées, tel que l’hôpital psychiatrique de Berrechid qui est dans un état de délabrement total et s’est transformé en une décharge publique. «Les ordures remplissent les allées et les espaces entre les pavillons, et les odeurs nauséabondes dominent. L’hôpital ressemble à une décharge publique. Les reptiles et les chiens égarés trouvent refuge dans cet espace. Les bâtiments vétustes et abandonnés constituent un danger quotidien pour l’établissement tout entier ainsi que pour son environnement», peut-on lire. Les équipements sanitaires se trouvent dans un état de délabrement avancé.
Le rapport déplore le manque de personnel médical. Les 172 psychiatres du secteur public sont inégalement répartis sur les établissements psychiatriques. 35,5% de ces psychiatres se trouvent dans les seuls CHU de Casablanca et Rabat, avec 35 psychiatres à Casablanca et 26 à Rabat, soit au total 61 psychiatres. Le CHU de Fès ne compte que  huit psychiatres et neuf au CHU de Marrakech, alors que le chiffre le plus élevé pour les autres établissements ne dépasse pas cinq, ce qui représenterait approximativement, pour une ville comme Agadir, un psychiatre pour 70 000 habitants.
Quant aux normes de sécurité, celles-ci laissent à désirer. Le personnel médical fait souvent l’objet d’agression. A ce sujet, le document relève que la disposition inappropriée des locaux de certains hôpitaux ne répond pas aux exigences de la sécurité. Elle rend difficile la tâche du personnel médical et paramédical et l’expose à des agressions graves. Il faut noter que certaines structures, comme Béni Mellal et Inezgane ne disposent même pas d’une ligne téléphonique intérieure qui permettrait aux membres du personnel de communiquer entre eux en cas d’urgence.

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