Santé mentale: Le Maroc toujours à la traîne

Santé mentale: Le Maroc toujours à la traîne

Plusieurs associations actives dans le domaine de la santé mentale estiment qu’une nouvelle étude épidémiologique s’impose pour mieux cerner l’ampleur des troubles mentaux.

Le Maroc célèbre, à l’instar des autres pays du monde, le 10 octobre la Journée mondiale de la santé mentale,. L’occasion de dresser un état des lieux et d’examiner de près les mesures à prendre pour améliorer la situation qui reste pour le moins alarmante.

A quand une nouvelle étude ?
Au Maroc, la santé mentale est un véritable problème de santé publique. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon les statistiques du ministère de la santé, 40% des Marocains âgés de 15 ans et plus souffrent d’un trouble mental : soit 26,5% de troubles dépressifs, 9% d’anxiété généralisée, 5,6% de troubles psychotiques. Les femmes sont plus touchées que la gent masculine (48,5% contre 34,3%). Il en va de même pour les habitants de zones urbaines, les personnes divorcées et les personnes sans-emplois. Il faut toutefois noter que ces chiffres ne reflètent pas la réalité actuelle étant donné qu’ils remontent à la dernière enquête du ministère de la santé en 2006. A ce sujet, plusieurs associations actives dans le domaine de la santé mentale estiment qu’une nouvelle étude épidémiologique s’impose pour mieux cerner l’ampleur des troubles mentaux.

Un budget dérisoire
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime qu’à un moment ou à un autre de sa vie, une personne sur quatre dans le monde aura besoin de soins de santé mentale ou neurologiques. Pourtant, la plupart des pays ne consacrent à ce secteur qu’à peine 3 % des ressources destinées à la santé, quand environ 13% seraient nécessaires. C’est notamment le cas du Maroc. «Le budget consacré à la santé mentale est insuffisant» comme le souligne Fouad Mekouar de l’Association marocaine pour l’appui, le lien, l’initiation des familles souffrant de troubles psychiques. Ce dernier espère que le prochain gouvernement accordera un budget plus conséquent pour la prise en charge des malades. Rappelons à ce sujet que la politique de santé mentale de El Houssine Louardi cible la prise en charge gratuite de plus de 70.000 schizophrènes et plus de 3.000 malades dépressifs. Outre le budget, le manque d’infrastructures pose toujours problème bien que le ministre se soit engagé à renforcer l’offre de soins psychiatriques avec la création de 3 hôpitaux régionaux (Kénitra, Agadir et El Kelâa) et 3 services intégrés de psychiatrie (El Jadida, Khouribga, Khenifra).

La thérapie : Une pratique peu développée
Dans le traitement des malades, M. Mekouar insiste sur le fait que les médicaments ne suffisent pas à eux seuls et doivent être accompagnés d’une thérapie. Cela dit, il reste encore beaucoup à faire dans ce domaine. Et pourtant, des traitements médicamenteux, associés aux psychothérapies, permettraient aux patients de se sentir beaucoup mieux. Plus le traitement débute précocement, meilleure est son efficacité. Le suivi est primordial car l’arrêt peut entraîner au bout de quelques jours, voire quelques mois, des crises ou des rechutes. Le traitement doit être pris en continu durant plusieurs années.

Des objectifs difficiles à atteindre Last Name
psychologue-maladie-mentaleLes ressources en personnel spécialisé restent encore insuffisantes. Faut-il rappeler que le Maroc compte près d’un psychiatre, 33 infirmiers spécialisés et 0,04 psychologue pour 100.000 habitants. Pour remédier à ce manque en ressource, M. Louardi s’était engagé à renforcer la formation continue des professionnels de santé.

En 2012, la santé mentale a d’ailleurs été érigée au rang de «priorité» par le ministère de la santé, qui s’est donné pour objectif de doubler les capacités d’accueil à l’horizon 2016 en passant à 3.000 lits et de former 30 psychiatres et 185 infirmiers spécialisés.

Malgré ces efforts de la part du ministère de tutelle, les associations considèrent que ces objectifs sont loin d’être atteints. Celles-ci estiment que la santé mentale n’est pas encore une priorité et qu’elle continue à être le parent pauvre du système de santé.

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