avril 28, 2017

Santé mentale, toujours le parent pauvre du système: 1,5 million de Marocains souffrent de troubles dépressifs

Santé mentale, toujours le parent pauvre du système: 1,5 million de Marocains souffrent de troubles dépressifs

Pour mieux cerner l’ampleur des troubles mentaux dans notre pays, une nouvelle étude épidémiologique s’impose sachant que la dernière enquête du ministère remonte à 2006. Celle-ci avait révélé que 40% des Marocains âgés de 15 ans et plus souffrent d’un trouble mental : soit 26,5% de troubles dépressifs, 9% d’anxiété généralisée, 5,6% de troubles psychotiques.

Le Maroc célèbre ce vendredi la Journée mondiale de la santé sous le thème «La dépression, parlons-en». Cette maladie touche une large frange de la population. Un rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), publié en mars 2017 sur la situation de la santé mentale dans le monde, avait indiqué que 1.484.441 de Marocains souffrent de troubles dépressifs, soit 4,5% de la population.  Le document en question avait également signalé que 1.477.408 de Marocains sont victimes de troubles de l’anxiété. Il faut toutefois signaler que ces statistiques ne concernent que les cas cliniques et officiellement déclarés.  Dans la réalité, les cas seraient beaucoup plus nombreux. Pour mieux cerner l’ampleur des troubles mentaux dans notre pays, une nouvelle étude épidémiologique s’impose sachant que la dernière enquête du ministère remonte à 2006. Celle-ci avait révélé que 40% des Marocains âgés de 15 ans et plus souffrent d’un trouble mental : soit 26,5% de troubles dépressifs, 9% d’anxiété généralisée, 5,6% de troubles psychotiques.

Infrastructures, personnel spécialisé :  Où en est-on ?

Pendant des années, la maladie mentale a été le parent pauvre du système de santé. Conscient de cette problématique de santé publique, le ministère s’est attelé à améliorer la situation tant sur le plan des infrastructures qu’au niveau des ressources humaines spécialisées. Malgré des progrès notables,  les associations actives dans le domaine de la santé mentale estiment que des efforts restent à faire. Sur le plan des infrastructures dédiées aux soins spécialisés de psychiatrie , le ministère de la santé signale à l’occasion de  la célébration de cette journée que celles-ci ont été renforcées par la création et la mise en fonction de 6 services de psychiatrie intégrés au niveau des hôpitaux provinciaux de Nador, Chefchaouen, Tiznit, Casablanca, Figuig et Sidi Bennour. Trois autres services de psychiatrie intégrés au niveau de Khénifra-Azilal, Khouribga et El Jadida sont en cours de création.

L’offre régionale a connu également une extension par la construction de l’hôpital psychiatrique d’El Kelaâ des Sraghnas. La tutelle a aussi procédé au lancement des études pour la construction de 2 hôpitaux régionaux spécialisés en psychiatrie à Kénitra et Agadir. La psychiatrie universitaire a également été renforcée par la construction et la mise en service de 2 hôpitaux de jour au sein des Centres psychiatriques universitaires Ibn Nafiss de Marrakech et Ar-Razi de Salé. 

Le ministère a également augmenté son budget consacré à l’achat de médicaments. Ainsi, le budget spécifique à l’achat de médicaments psychotropes a atteint  2% du budget global des médicaments, soit 113 millions DH en 2015 contre 52 millions DH en 2013 avec l’introduction des médicaments psychotropes des 2ème et 3ème générations dans la liste des médicaments essentiels.

Les ressources en personnel spécialisé constituent un véritable problème. Faut-il rappeler que le Maroc compte près d’un psychiatre, 33 infirmiers spécialisés et 0,04 psychologue pour 100.000 habitants. Pour remédier à ce manque en ressources, El Hossaine Louardi s’était engagé à renforcer la formation continue des professionnels de santé. En matière de développement des ressources humaines spécialisées, le ministère a recruté 61 psychiatres, 472 infirmiers spécialisés en psychiatrie et 5 pédopsychiatres. 

Sur le plan législatif, rappelons-le, le texte régissant la santé mentale (Dahir de 1959) a été  révisé, et en phase finale d’adoption par le Parlement. 

Au niveau mondial, la dépression représente la première cause de morbidité et d’incapacité touchant plus de 300 millions de personnes.

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