Santé publique : L’option des médecins contractuels et étrangers se précise

Santé publique : L’option des médecins contractuels et étrangers se précise

Les premières pistes du ministère de tutelle face au manque de ressources humaines dans les hôpitaux

Le ministère ne sera pas directement concerné par la conclusion de contrats puisque l’option à l’étude actuellement retient un scénario avec des contrats entre les médecins et les collectivités locales.

Alors que le pays fait déjà face à un manque criant de ressources humaines dans la santé publique, la situation pourrait se détériorer davantage. Les concours lancés par le ministère de tutelle sont, en quelque sorte, boudés par les potentiels candidats, alors que les affectations dans les villes et zones reculées se font au comptes gouttes. Les chiffres sont édifiants. Des sources syndicales affirment qu’à peine «quelques dizaines de médecins généralistes ont rejoint la santé publique alors que la tutelle avait programmé 500 recrutements cette année». Face à cette situation, les responsables dégainent des pistes qui pourraient être activées prochainement.

Il s’agit tout d’abord de la contractualisation. Le bras de fer engagé actuellement entre le ministère de l’éducation nationale et des milliers d’enseignants recrutés au départ par contrat ne semble pas inquiéter outre mesure le ministre de tutelle Anass Doukkali. Plus encore, ce dernier laisse entendre que les contrats sont plébiscités par les médecins eux-mêmes, en raison de la flexibilité offerte. Last but not least. Le ministère ne sera pas directement concerné par la conclusion de contrats puisque l’option à l’étude actuellement retient un scénario avec des contrats entre les médecins et les collectivités locales. Ce scénario sera valable notamment dans certaines régions où le manque de ressources humaines est plus important en raison de leur éloignement des grands centres urbains. Mais ce n’est pas tout. Il est question de s’ouvrir sur des praticiens étrangers. C’est le cas notamment des médecins chinois qui opèrent déjà dans certains hôpitaux publics mais uniquement dans le cadre de programme de coopération internationale.

Les médecins sénégalais sont également sur «les tablettes des responsables». Reste à savoir si ces deux pistes pourront atténuer le manque de ressources humaines dans certaines régions. Alors que les médecins du secteur public mènent des mouvements de protestation depuis de longs mois avant d’être rejoints ces dernières semaines par les étudiants en médecine, le recours aux étrangers et au système des contrats pourraient exacerber encore plus la tension. Des syndicalistes parlent déjà de solutions «faciles» et «précaires». Plus loin encore, le ministère de tutelle avait tenté plusieurs mesures ces dernières années pour garantir plus de «renfort» dans la santé publique, mais en vain. C’est le cas en 2012 avec l’autorisation des praticiens du secteur privé qu’ils soient médecins généralistes, spécialistes, chirurgiens, chirurgiens-dentistes ou encore pharmaciens à exercer dans les hôpitaux publics. Une mesure qui était à l’époque destinée à faire face au manque chronique de ressources humaines dans le pays où on comptait à peine 4 médecins pour 10.000 habitants au niveau national.

La tutelle pouvait ainsi recruter par le biais de contrats à durée déterminée (CDD) des praticiens dans des régions qui connaissent une insuffisance de ressources humaines ou un manque de compétences dans certaines spécialités. Déjà à cette époque, le ministère expliquait ce recours par la réticence de plus en plus grande des médecins jeunes à entamer une carrière dans le secteur public de peur d’être affectés dans des régions reculées ou enclavées. Aujourd’hui, cette mesure ressemble plus à un véritable échec au point qu’on n’en entend plus parler. La tutelle réussira-t-elle là où ses prédécesseurs ont échoué? Rien n’est moins sûr du moment que l’année 2019 a été entamée sous le signe des sit-in et grèves dans la santé publique. Pour rappel, le Syndicat indépendant des médecins du secteur public avait mené un programme de protestation étalé sur les quatre premiers mois.

Les syndicalistes ont organisé des sit-in régionaux à travers le pays avec port de tabliers noirs sans oublier la poursuite de la grève «des sceaux médicaux» et le port du signe 509 en référence à l’indice de rémunération revendiqué par les grévistes. Des centaines de démissions collectives avaient été déposées par les médecins en colère.

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