Santé publique : Renchérissement des soins

Depuis vendredi dernier, les tarifs de soins aux hôpitaux publics ont connu une augmentation qui a atteint les 100 %. Ainsi la consultation ordinaire est passée de 20 DH à 40 DH.
Un examen de l’acuité visuelle coûte désormais 100 DH au lieu de 35. La dialyse est passée de 200 dh la séance à 400 DH. Quant à la maternité, qui se passe de façon tout à fait normale et nécessite 48 heures d’hébergement, le coût de la nuit est de 250 DH. Une chambre à deux lits nécessiterait désormais 100 DH pour chaque occupant, sans parler de l’accompagnateur. Et pour un certificat de condition physique, il faudra payer 40 DH selon les nouveaux tarifs au lieu des 20 DH habituels.
Les gens commencent à reposer des questions et à démontrer une certaine nervosité qui précède en principe la grande colère. Pas à cause de ces augmentations qui ne cadrent pas avec les attentes de la population souffrante. Mais il se trouve que le service personnel des hôpitaux publics ne reconnaît plus les certificats d’indigence délivrés par les autorités locales !! Et c’est là où réside le grand problème. Les gens commencent à se demander pourquoi les services publics ne reconnaissent plus les documents signés par l’Administration. Du coup, le poids retombe sur les responsables des arrondissements qui délivrent les certificats d’indigence en se basant sur la situation matérielle du citoyen dont les services de l’arrondissement connaissent l’état. Un manque de confiance ? Apparemment oui, puisque certains infirmiers prétendent que tous les certificats d’indigence ne sont pas justifiables. Mais si c’était le cas, les ministères de tutelle pourraient trancher rapidement en mettant une procédure qui détermine exactement les conditions de délivrance des certificats d’indigence. Au lieu de cela, l’on a tendance à « sanctionner » le citoyen déjà meurtri par le coût élevé de la vie.
D’un autre côté, il est vrai que les hôpitaux publics sont tellement déficitaires qu’ils ne tournent presque plus, devant le manque effroyable de moyens et de matériel. Il n’en demeure pas moins que les pauvres citoyens ne doivent pas payer les déficits, tout simplement parce qu’ils en sont incapables. Il faut signaler que les gens espèrent qu’il s’agit d’une erreur rectifiable, car dans le cas contraire c’est une vraie crise qui aura lieu devant tous les établissements sanitaires de l’Etat. C’est le secteur le plus sensible dans le génie populaire. Les citoyens pourraient bien attendre en ce qui concerne la lutte contre l’habitat insalubre par exemple ou par rapport à d’autres doléances, mais pas en ce qui concerne leur santé qui constitue le seul capital qui n’accepte aucune concession.
Le refus des certificats d’indigence par les services de la Santé publique reviendrait à dire que ce département met en doute la crédibilité de l’Administration locale et pousserait les citoyens à commettre des réactions imprévisibles à l’encontre de cette dernière.

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