Santé : Ramadan, casse-tête pour les médecins

ALM : Quels sont les conseils que vous pouvez donner à nos lecteurs pendant le mois de Ramadan ?
Dr Saâd Benmansour : La particularité du mois de Ramadan, c’est effectivement tout ce qui est alimentation qui change et donc tout le ni-cténaire alimentaire. On mange la nuit et on jeûne le jour. Ceci entraîne un certain nombre de modifications physiologiques et parfois physiopathologiques chez les gens malades.
En ce qui concerne les modifications physiologiques et normales c’est ce que le jeûne pour l’individu saint entraîne de façon indirecte, par le fait de sentir des odeurs de l’alimentation, ainsi que l’adjonction du stress additionnel au travail normal de l’individu, une hyperacidité gastrique. Pour les gens ayant des habitudes toxiques, tel que le tabac, un facteur qui influe sur le caractère normal de l’individu qui a habituellement un comportement plus calme. Ces facteurs peuvent parfois entraîner des contraintes qui sont amplifiées, parfois, par le manque de ces facteurs toxiques.
Les cas qui souffrent plus durant ce mois du Ramadan ?
Le mois du Ramadan est un casse-tête pour les médecins. Normalement si on avait la possibilité que tous les citoyens aient des consultations préventives avant le Ramadan à deux titres. Premièrement, à titre de découverte des maladies nécessitant, parfois, l’empêchement du jeûne. Deuxièmement pour des maladies chroniques connues.
On va les présenter, une par une, durant le mois du ramadan… Celle qui rentre dans votre spécialisation ?
Je commence par la rubrique des maladies chroniques du tube digestif et qui sont dominées essentiellement par l’ulcère « gastro-duodénal », et j’insiste sur ce terme « gastro-duodénal » parce que les gens quand ils parlent d’ulcère le mélangent avec l’ulcère gastrique. Ce dernier, on ne le voit que dans le un cinquième des cas; pour les quatre cinquièmes ont décèle l’ulcère duodénal, qui est l’Ulcère de la première partie de l’intestin sortant de l’estomac. Cet ulcère est dû à une hypersécrétion d’acides chlorhydriques et donc chez les gens connus avant le mois de Ramadan. Il y a une certaine catégorie qui a un degré d’ulcère très avancé et dans ce cas le jeûne est totalement interdit. Aucun ulcéreux ne peut jeûner sans couverture médicale. Il faut un traitement d’une semaine avant le mois de Ramadan, tout le mois et une semaine après. Parce que le jour de la fête, ils reprennent l’alimentation. Il faut couvrir cinquante jours pour ne pas tomber dans des complications probables de l’ulcère. Ceci pour les gens ulcéreux ayant la possibilité de se faire soigner.
Et pour ceux qui ne sont pas conseillés, quelles sont les répercussions du jeûne sur leur santé?
Le problème se pose pour les gens à pathologie gastrique non connue. Dans notre pratique durant le mois de Ramadan, malheureusement nous voyons des patients à des stades de complications de l’ulcère.
Quelles sont ces types de complications ?
Il y a deux types de complications. Des complications aiguës qui sont communes à l’ulcère gastrique et à l’ulcère duodénal. Et qui sont faites d’hémorragies digestives qui se manifestent par des vomissements rougeâtres, carrément rougeâtres ; parfois elles peuvent apporter la vie du malade ou bien des sels trop noirâtres dus à des petites hémorragies qui passent inaperçues mais qui entraînent une anémie profonde qui est définie par une diminution d’hémoglobines dans le sang. Le cas de l’hémorragie digestive manifeste sous formes de vomissements hémorragiques, normalement il est du ressort de la réanimation au départ avant de passer à l’étape de diagnostic. Car il y a plusieurs cas possibles. Mais dans le cas de l’hémorragie ulcéreuse banale qui débouche aussi sur un traitement médical, une fois passé le cap du danger, le patient doit arrêter le jeûne. On est amené soit à transfuser soit traiter, et dans les cas heureux, à se contenter du simple traitement anti-sécrétoire. L’autre complication, c’est la perforation de l’ulcère. Elle se manifeste par des douleurs très importantes, accompagnées de fièvre, d’altérations générales. C’est une complication mortelle qui nécessite une opération chirurgicale.
Comment expliquez-vous la nervosité de la majorité des fumeurs durant le mois de Ramadan ?
La nervosité des fumeurs durant le mois de Ramadan réside dans le degré de conviction religieuse de chacun de nous. L’individu fumeur est sous la dépendance psychologique pharmacologique de la nicotine qui existe dans le tabac. Celle ci passe dans le sang et arrive au niveau des cellules cérébrales.
mais Il y a des gens qui sont dépendants qui peuvent se contrôler. Et chez les grands fumeurs, la privation entraîne une hyper-nervosité.
Je souligne que pour tous les autres cas de maladies, les autres confrères de l’alliance médicale et santé libérale, chacun dans sa spécialité, sont prêts à fournir aux citoyens, à travers la presse, toutes les informations concernant leur santé.

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