Santé Ramadan : Hypertension et jeûne

Selon le Coran et les Hadiths du Prophète, l’impératif du jeûne n’est pas obligatoire dès qu’il met en danger la santé de l’individu. Cependant, certains patients s’obstinent à jeûner. Et c’est le rôle des médecins d’informer leurs patients, dans le cas d’une hypertension instable, sur les différents risques survenant lors de la pratique du jeûne.
Le mauvais équilibre tensionnel et la peur d’une complication à type d’accident cardiaque ou cérébral sont les arguments avancés dans ce cas, par les spécialistes en la matière. Et d’ajouter que certaines précautions doivent aussi être prises afin de ne pas aggraver la situation tensionnelle du malade. Ainsi, indiquent-ils, il faut surveiller le régime alimentaire et en particulier l’apport en sel, diminuer les situations stressantes et vérifier sa pression artérielle de façon quotidienne. Le médecin pourra conseiller à son patient les moyens thérapeutiques connus et qui sont compatibles avec le jeûne. Il pourra également modifier les horaires de prise médicamenteuse dans la mesure du possible.
Le patient doit être conscient des différents effets secondaires que peut lui provoquer le jeûne et être en contact permanent avec son médecin traitant. En cas de pathologies telles que l’HTA ou de thérapeutiques par anticoagulants, quelles sont les effets du jeûne? Et surtout quelles sont les conséquences d’un changement de prise médicamenteuse?
Une enquête avait été menée, auprès d’un échantillon de 64 patients hypertendus. Dans ce groupe, les chercheurs ont constaté que 61 % des médecins ne se prononçaient pas et laissaient le choix à la discrétion du malade, 11 % interdisaient le jeûne à leurs patients. Les patients ne suivaient pas les indications médicales, puisque 1.8 % seulement ne jeûnaient pas. Certains symptômes ont été décrits notamment l’essoufflement, la dyspnée, les céphalées, les vertiges, etc. Ces symptômes ne sont pas obligatoirement en relation causale avec l’hypertension artérielle. Ils peuvent être liés directement au jeûne et à ses conséquences sur le corps humain.
Une autre étude effectuée en 1994 sur les variations tensionnelles au cours du mois de Ramadan a montré qu’il n’y avait aucune différence significative entre les deux périodes, avant et pendant le mois du Ramadan, en ce qui concerne la pression artérielle systolique et diastolique aussi bien pour la pression artérielle de 24 heures, diurne et nocturne. Cependant les chercheurs suggèrent que même s’il n’y a pas de modifications, l’analyse individuelle des courbes montre des variations à la hausse ou à la baisse de la pression artérielle. La surveillance de chaque hypertendu au cours du jeûne s’avère donc nécessaire.

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