Sauver l’ancienne médina

L’ancienne médina de Casablanca. En plein centre ville de la capitale économique du pays, ce vieux site historique entouré par de robustes remparts, qui datent du XVI ème siècle, est en passe de devenir un lieu propice pour des activités illégales. Trafic de drogue, vente clandestine du vin, exploitation des enfants de la rue, ou issus des familles défavorisées, dans ce sens, le phénomène prend de plus en plus de l’ampleur.
Derb El Gabbas, rue El Habacha, Derb Jnawa, Derb El Guerwaoui et rue Guelmima. Ces lieux, à la nuit tombée, se trouvent animés par une autre population, des énergumènes portant des balafres sur le visage ou le bras, le regard méchant. Des repris de justice, des criminels, des trafiquants de drogue, ayant à leur actif plusieurs forfaits. Ils vivent la nuit et dorment le jour. L’activité qu’ils exercent et leurs comportements leur imposent ce mode infernal de vie. Les habitants les connaissent très bien. Mais, par crainte de revanche, ils ne protestent généralement pas contre les dérangements provoqués à une heure tardive la nuit, lorsque des altercations se déclenchent entre eux ou avec leurs clients.
De leur côté, ces gangsters évitent d’agresser les habitants de la rue: «Ould derb», fils du quartier, disent-ils. Une certaine complicité entre les deux parties. Mais pour un étranger au secteur, le passage au-delà de 22 heures est à ses risques et périls. L’architecture de l’ancienne médina, aidant ruelles étroites, sens interdits, ils jouent à cache-cache avec les fourgonnettes des éléments de la police. Avant même leur arrivée sur les lieux, ils sont avisés par les enfants qu’ils installent comme des antennes sur les entrées principales des lieux en question. Ces enfants de la rue, ou issus des familles défavorisées des quartiers limitrophes, servent également comme des «courtiers» pour servir les clients. Ainsi, on les trouve en groupe de deux ou trois, vendant les cigarettes au détail, activité exercée pour induire en erreur les passagers et les éléments de la police, à la place de Bab Marrakech ou dans les autres rues donnant sur cette place populaire.
Les transactions s’effectuent avec eux et les marchandises sont souvent livrées dans ces points. Le client reste dans sa voiture jusqu’à ce que l’enfant lui ramène le sac en plastique noir, plein de bouteilles de vin. Un pour-boire du côté des clients et une «couverture» sur les lieux, pour des malfaiteurs. Telle est la formule appliquée pour ces enfants. Le phénomène interpelle vraiment à plus d’un titre. Au lieu d’être au banc de l’école, ils demeurent exposés à la dérive. Indubitablement, ils emprunteront la même voie.

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