Sauver les enfants de l’exploitation

Le constat est alarmant. Sur les 2,1 milliards d’enfants que compte le monde, soit 36 % de la population mondiale, environ 150 millions d’enfants souffrent de malnutrition, près de onze millions meurent avant l’âge de 5 ans et plus de 120 millions sont toujours exclus des circuits de la scolarité dans différentes contrées de par le monde. Soit environ un enfant sur quatre vit dans des conditions d’extrême pauvreté, le plus souvent dans une famille généralement nombreuse dont le revenu est inférieur à un dollar américain par jour, tandis qu’un enfant sur douze meurt avant l’âge de cinq ans.
Du mercredi au vendredi, plus de 70 chefs d’Etat et de gouvernement, de nombreuses délégations officielles, des organisations non gouvernementales, des défenseurs des droits des enfants ainsi que des jeunes prendront part à la session extraordinaire de l’Assemblée générale des Nations Unies consacrée aux enfants. Elle sera une occasion unique de changer la manière dont le monde considère et traite les enfants. Lors de cette rencontre, les participants vont examiner si les promesses faites à la relève de demain lors du Sommet mondial de 1990 ont été tenues.
En effet, dix ans après avoir lancé une campagne mondiale contre le travail des enfants, le Bureau international du travail (BIT) vient de publier une étude globale qui montre qu’en dépit de progrès significatifs, un nombre inquiétant d’enfants demeure assujetti aux pires formes d’exploitation. Les dirigeants de la planète évalueront notamment les résultats obtenus dans la mise en oeuvre des 27 objectifs définis par le Sommet mondial des enfants de 1990 et ils procéderont à la définition de nouvelles priorités en vue de répondre aux enjeux dans les domaines de la santé infantile, de l’éducation, des maladies mortelles et de la protection des enfants.
En l’état actuel des choses, un nouvel engagement de la communauté internationale sur les questions de protection des enfants, y compris contre l’exploitation sexuelle, contre les conséquences des conflits armés, contre le travail et toutes les autres formes d’abus, devrait découler de cette session extraordinaire. Cet engagement constituera un signal fort pour souligner la nécessité de mettre en oeuvre des politiques et des programmes nationaux pour faire face à ces problèmes. Il faut dire que la manière dont un enfant se développe détermine s’il apportera une contribution à la société ou s’il représentera un coût pour celle ci. Il est à souligner dans ce cadre que la convention internationale sur les droits des enfants, entrée en vigueur, peu de temps, avant le sommet de 1990, a été ratifiée par tous les pays, sauf deux, et place les futures générations au centre de la recherche de l’application universelle des droits de l’Homme.
Deux protocoles facultatifs, sur le recrutement des enfants dans les conflits armés, la vente et la prostitution des enfants et l’exploitation des enfants à des fins pornographiques, ont été adoptés pour renforcer les dispositions de la convention dans ces domaines et sont entrés en vigueur respectivement le 12 février et le 18 janvier de cette année. Il est à souligner que le Maroc sera représenté lors de cette session extraordinaire à New York, par SAR la Princesse Lalla Meriem, présidente de l’Observatoire National des Droits de l’Enfant.

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