Sauver l’ours

Dans une première étape, indique un manifeste remis par FNE à Mme Bachelot, la population du plantigrade devrait être portée «à une vingtaine d’individus pour 2005-2006», contre «11 à 12 » aujourd’hui. Selon FNE, la «micro-population» actuelle est au «seuil de l’extinction». Elle est menacée à la fois par le fusil et le poison de ses «détracteurs» et des pertes d’habitat consécutives à l’ouverture de pistes forestières pour l’exploitation du bois ou le passage des troupeaux d’ovins. «Sa disparition entraînera fatalement une dégradation des milieux naturels et des nombreuses espèces qui en dépendent», avertit le manifeste. L’ours présente un gros potentiel économique, constituant notamment «un formidable atout pour le tourisme nature».
En témoignent plusieurs exemples étrangers, comme les Abruzzes, centre de l’Italie, où «il a généré un renouveau économique et social». Il ne doit pas servir de «bouc émissaire» à la filière ovine qui «connaît par ailleurs de graves difficultés» liées à des importations massives de l’étranger, relève FNE. Selon l’organisation, les troupeaux de moutons sont décimés bien davantage par les chiens errants, les maladies, brucellose et fièvre aphteuse notamment, et les orages que par l’ours. Si «les attaques d’ours sur les troupeaux ovins sont une réalité», elles deviendraient négligeables si tous les troupeaux étaient gardés en permanence par un berger, un chien de race pyrénéenne, et étaient regroupés la nuit dans des enclos à proximité des cabanes des bergers.
La population ursine, limitée depuis 1937 aux Pyrénées, comptait encore 70 ours bruns en 1954. Ne subsistent aujourd’hui, rappelle le manifeste, que cinq ours pyrénéens de souche vivant au Béarn, ouest, quatre mâles et une femelle, et six à sept animaux sur l’ensemble du massif issus des trois ours slovènes introduits à Melles, Haute-Garonne, en 1996 et 1997. Les expériences faites avec ces derniers montrent que l’ours non-autochtone n’est «pas plus dangereux» que l’animal de souche.

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