Schizophrénie : Comment elle est perçue dans notre société

Schizophrénie : Comment elle est perçue dans notre société

Plusieurs familles éclatées à cause de cette maladie

La plupart des schizophrènes confirment entendre des voix qui les guident et les poussent à se faire du mal ou à faire du mal aux autres.

Elle toucherait autant de filles que de garçons, toutes catégories sociales confondues. Cette pathologie du cerveau perturbe les sentiments, la pensée et le comportement.

Ce n’est pas une maladie de l’âme, disent les experts, ni une double personnalité, mais bien un «défaut» de certains circuits neuronaux du cerveau. Ainsi, une personne schizophrène montrera des symptômes différents comme un repli sur soi, un laisser-aller et une agressivité sans oublier l’hallucination visuelle et auditive. La plupart des schizophrènes confirment entendre des voix qui les guident et les poussent à se faire du mal ou à faire du mal aux autres. D’ailleurs, nombreux sont les schizophrènes qui passent à l’acte en tuant, violant ou dans les cas extrêmes en mettant fin à leur vie. Face à cette maladie, plusieurs familles ont éclaté comme c’est le cas de Hanaa. «Mon frère est un schizophrène. Au début, comme il ne faisait pas de crise, nous nous sommes adaptés avec sa situation. Mais les cinq dernières années ont été un vrai calvaire. Il a essayé à plusieurs reprises de me violer et finalement  il a tenté de me tuer avec un couteau. Heureusement mes blessures n’étaient que superficielles. J’ai quitté la maison en courant et je n’y ai plus remis les pieds. Aujourd’hui, ma mère vit toute seule avec lui après que mon père les a abandonnés. Maman refuse toujours de l’interner, son fils n’est pas fou…».

Pour Boushra Benyezza, psychologue au  Centre universitaire psychiatrique Ibnou Rochd, le cas de Hanaa est très courant. «Les hallucinations sont le mot d’ordre. Le schizophrène se dit toujours hanté par une voix qui l’oblige à faire du mal à autrui parce qu’il est, soi-disant, méchant, mécréant voire parce qu’il est un diable. J’ai eu des patients qui ont violé leur mère, d’autres ont violé des bébés. il n’y a pas que le viol, on a eu un cas  très moche ; son délire était d’enlever les yeux des mécréants et il est passé à l’acte. Le but ce n’est pas d’entrer dans l’horreur mais de sensibiliser à la maladie. Pour cela, j’insiste sur la prise en charge rapide des schizophrènes sinon ils peuvent causer des dégâts irréversibles». Inutile de rappeler que les schizophrènes ne sont pas tous violents. Le plus souvent, ils sont victimes qu’auteurs de violence surtout quand ils sont « soignés » par les exorcistes et les charlatans.

La souffrance des familles est pire que celle du patient lui-même

La schizophrénie est une maladie difficile à vivre pour le malade mais aussi pour sa famille. A part le regard de la société, le manque de prise en charge et le coût élevé des traitements, les proches du schizophrène doivent lui assurer un environnement stable et  s’adapter à ses sautes d’humeur comme l’explique Naima : «Mon époux est schizophrène. En temps normal, il est plutôt calme, il peut avoir des comportements bizarres mais gérables. Pour lui assurer une bonne qualité de vie, je me suis éloignée de ma famille qui le traitait de fou. Mais malgré cela, dès qu’il y a un petit changement dans notre vie de tous les jours, il replonge dans son délire. À plusieurs reprises, il a essayé de mettre le feu à la maison. Je m’adapte constamment à son état. Je suis obligée de le surveiller. Dès qu’il commence à s’isoler, à se laisser aller ou à ne pas dormir, j’essaye de le rassurer. En cas de rechute, j’évite de le regarder dans les yeux pour qu’il ne se sente pas menacé. J’évite de poser trop de questions et bien évidemment je n’ai pas le droit de me disputer avec lui ou de le critiquer. Je reste tout le temps vigilante».

Si Naima est consciente de la maladie de son mari, d’autres ne le sont pas. Certaines familles compliquent la vie de leurs enfants sans s’en rendre compte. Livrés à eux-mêmes, sans aucune prise en charge ni sensibilisation, les parents se sentent abandonnés mais surtout épuisés.

Par : Khaoula Benhaddou

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