Sefrou, en locomotive du tourisme

Les régions montagnardes du Maroc mérite certainement plus d’attention de la part des autorités, et ce, en raison de leurs énormes potentialités en matière touristique. Lahcen Jenane, professeur à l’Université Sidi Mohammed Ben Abdallah de Fès a élaboré une étude dans laquelle il met en relief le tourisme de montagne à Sefrou, ses atouts et les moyens de développer ce créneau porteur. Aussi, affirme-t-il, la montagne au Maroc, reste méconnue du grand public, peu visitée parce que mal vendue. Pourtant, ajoute-t-il, ces dernières années ont été marquées par une affluence considérable de touristes nationaux et étrangers vers les montagnes marocaines. Cependant, déplore-t-il, l’insuffisance du nombre d’hôtels, l’inexistence d’auberges, les campings mal entretenus et la rareté des moyens d’accès ne permettent pas une meilleure exploitation de ces espaces. A cet égard, donnant en exemple la région du Moyen-Atlas, le professeur Jenane fait remarquer qu’elle dispose d’un potentiel touristique important. Toutefois, précise-t-il, ses richesses ne sont pas exploitées car excepté les centres de villégiature que sont Ifrane et Immouzer et les quelques circuits traditionnels des lacs et des sources, le Moyen-Atlas reste mal connu et peu vendu touristiquement. Par conséquent, souligne le professeur Jenane, la province de Sefrou, s’inscrit dans ce même contexte régional. Certes, le tourisme peut être l’un des principaux vecteurs de son développement économique et social à condition de définir le type de tourisme à promouvoir, les équipements accompagnant ce projet, la gestion du développement touristique et les espaces cibles. La province de Sefrou devra mettre en valeur prioritairement son potentiel touristique. Or, les chances du développement du tourisme et des loisirs en moyenne montagne à Sefrou sont appréciées de manière contradictoire. Pour les uns, indique Jenane, le tourisme peut ne pas être la carte de qualité qui permettra le développement de la moyenne montagne marocaine et ce, pour plusieurs raisons à savoir, une animation susceptible de retenir des touristes onéreuse, hébergement et infrastructures non rentables dans cette région à cause de la saison touristique courte et des hivers rigoureux. Pour les autres, le tourisme à Sefrou peut être l’ultime chance de la région. C’est, pour eux, la meilleure possibilité pouvant maintenir en place les populations, conforter les exploitations agricoles et promouvoir les services et les productions non agricoles aujourd’hui inexistante ou à l’état embryonnaire. Ils vont, conclut-il, jusqu’à préconiser l’implantation des pôles d’attraction, de services récréatifs et la mise en place de conditions favorables au développement d’un tourisme diffus dans l’ensemble du milieu rural en moyenne montagne.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *