Séquestrés de Tindouf : L’ONU s’inquiète

Composé en majorité des rescapés de l’horreur des camps de Tindouf, le collectif d’ONG marocaines, qui participe actuellement à Genève aux travaux de la Commission des droits de l’Homme, a rencontré lundi et mardi des responsables onusiens, dont le rapporteur spécial de l’ONU sur la torture, auxquels ils ont exposé la situation dramatique des séquestrés marocains dans ces camps.
Le collectif d’ONG a notamment rencontré le rapporteur spécial de l’ONU sur la torture, M. Theo van Boven, ainsi que le président du groupe onusien de lutte contre la détention arbitraire, M. Louis Joinet. Des rencontres qui surviennent suite à la campagne d’information en direction de la presse internationale, des ONG et des délégations gouvernementales qu’ils mènent depuis plusieurs jours en marge des travaux de la 58-ème session de la commission des droits de l’Homme. Objectif, faire connaître les violations des droits des populations marocaines séquestrées dans les camps de Tindouf. D’autant plus que ce collectif d’ONG est presque exclusivement constitué de Sahraouis ayant fui l’enfer des camps de Tindouf, où ils avaient tous été victimes de tortures et de traitements inhumains et dégradants. Il s’agit des représentants du Comité pour le regroupement des familles sahraouies (COREFASA), de l’Association des parents des Sahraouis victimes de la répression dans les camps de Tindouf (PASVERTI), de l’Association «Al Massira» pour la défense des droits des séquestrés et prisonniers marocains aux camps de Tindouf, et de l’Association de la tribune sahraouie pour l’unité et la fraternité (ASTRUFA).
Selon les membres du collectif, la rencontre avec le rapporteur spécial de l’ONU sur la torture, a été particulièrement «forte» et «émouvante». M. Van Boven n’a pas caché son intérêt et l’émotion qu’il ressentait au contact de quatre victimes vivantes de la torture la plus inhumaine qui soit, et qui portent à jamais sur leur propre chair les stigmates de l’horreur vécue dans les camps de détention de Tindouf.
De son côté, le président du groupe onusien de lutte contre la détention arbitraire, le Français Louis Joinet, a promis de faire en sorte qu’une délégation de ce groupe soit dépêchée dans les camps algériens de Tindouf. Et ce, dans un délai qu’il n’a pas encore pu déterminer «en raison de contraintes de calendrier», afin d’enquêter sur les conditions qui prévalent dans ces camps pour tout ce qui touche au mandat de son groupe. M. Joinet a affirmé accorder un grand intérêt à cette affaire. Les représentants des ONG marocaines n’ont pas manqué de remettre aux responsables onusiens rencontrés le dossier choc qu’ils ont emmené avec eux à Genève et qui est composé d’un triptyque d’ouvrages réalisés par la COREFASA, le PASVERTI, et l’Association «Al Massira». Il s’agit du livre «La vérité sur l’univers carcéral du polisario au sud de l’Algérie», et les deux brochures «Maintien des réfugiés sahraouis en état de séquestration au sud de l’Algérie et détournement de l’aide humanitaire» et «Le calvaire des prisonniers de guerre marocains au sud de l’Algérie».
Le collectif d’ONG est, notamment, représenté par MM. Ahmed Tarouzi, de l’ASTRUFA, Houcine Baida et Saadi El Ouali Salek Ould M’barek, de la PASVERTI, Aliya Allal, de l’association «Al Massira», et Younès Bathaoui, de la COREFASA. Certains d’entre eux, tel Saadi El Ouali, ont subi jusqu’à 14 ans de détention, émaillée de torture et de traitements inhumains et dégradants, dans les sinistres geôles du polisario, d’autres totalisant entre 6 et 9 ans. Le collectif d’ONG marocaines a notamment rencontré une foule d’ONG actives dans le domaine des droits de l’homme (dont Amnesty international, France libertés, etc.). Il a rencontré en particulier, les principales ONG s’occupant de torture et de traitements inhumains et dégradants (dont bien entendu l’Organisation mondiale contre la torture, OMCT) auxquelles les membres du collectif ont apporté un témoignage expressif sur les exactions qu’on leur a fait subir dans les camps de Tindouf.

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