Service sanitaire national obligatoire: Louardi ouvert à tout débat

Service sanitaire national obligatoire: Louardi  ouvert à tout débat

«Proposez-moi une alternative !». La démarche avancée, lundi à Rabat, par Lhoussaine Louardi autour du projet de service sanitaire national obligatoire aux étudiants est susceptible d’insinuer un rebondissement dans le bras de fer opposant ceux-ci à la tutelle.

Le dialogue, solution ultime

«Il s’agit d’un projet porteur d’idées. Tout est discutable. Ainsi il est susceptible d’être modifié ou annulé. Comme il est possible qu’on retienne 30% de nos propositions et 70% des leurs ou vice versa ou encore fifty-fifty», a explicité le ministre de la santé qui a consacré une conférence sur le service sanitaire national obligatoire entre autres. «Il est facile de parler d’annulation, mais proposez-moi une solution», a-t-il insisté en rappelant que les portes de son département sont toujours ouvertes pour tout échange ou débat qui demeure, à ses yeux, «la seule solution».

Des échanges amicaux

La rencontre avec la presse était l’occasion pour le ministre de la santé d’étayer les dessous d’échanges précédents avec les étudiants. Lors de ces rencontres, M. Louardi, qui dit avoir agi en bon père de famille, avait «promis de ne pas mettre le projet dans le circuit de validation avant consensus entre la tutelle, les représentants de la coordination nationale des étudiants et ceux des internes et résidents». Chose qui a été signalée dans une feuille de présence signée à l’issue des réunions entre les étudiants et la tutelle en septembre. «Je sais qu’il y a un problème quelque part, cela me décourage», a-t-il enchaîné en exprimant des craintes autour d’une année blanche. «Il se peut que j’aie un nouveau mandat et qu’une deuxième année blanche se profile à l’horizon. Alors, c’est à eux de voir et que chacun assume ses responsabilités !», a prévenu M. Louardi.

Un projet comprenant 3 mesures

Avant de se prononcer sur ces mesures, le ministre de tutelle a rappelé que le service sanitaire national obligatoire résulte d’une discussion avec le chef de gouvernement qui a adressé une lettre au ministre de la santé à cet égard. En ce qui concerne lesdites mesures, M. Louardi précise qu’elles ont été prises pour combler le grave manque en ressources humaines. «45% des médecins travaillent à Casablanca alors que seuls 24% le font dans le milieu rural et les régions lointaines. Ce qui est illogique!», a-t-il martelé. Aussi, ces régions lointaines sont en besoin de médecins généralistes, or certains médecins rejettent les postes budgétaires. En dernier lieu, le service sanitaire national obligatoire est prévu pour réaliser une équité en RH. «Lorsque le médecin est lauréat d’une faculté, soit qu’il prépare une résidence, soit qu’il monte un cabinet mais sans expérience», a enchaîné le ministre qui estime que le service sanitaire national obligatoire englobant également les infirmiers est une manière de créer des opportunités d’emploi.

Les promesses de Louardi

«Je m’engage à mettre les vaccins et masques à disposition», a-t-il précisé en allusion aux équipements médicaux que les étudiants mettent en avant. Dans ce sens, les cahiers des charges destinés à ces équipements sont, selon le ministre, en cours d’élaboration. Aussi, une enveloppe budgétaire de 985 millions de dirhams sera allouée à l’équipement des dispensaires dans les régions lointaines. «L’objectif étant de diversifier l’offre sanitaire», a rappelé M. Louardi qui a nié toute idée de privatisation du secteur. Preuve en est, selon lui, l’ouverture de CHU de par le pays.

Un traitement et des équipements biomédicaux moins chers avant la fin 2015

Après avoir entrepris la baisse du prix de certains médicaments, le ministre de la santé s’attaque aux équipements biomédicaux et au traitement de l’hépatite C. Les premiers, qui seront au nombre de 1.000, comprennent entre autres les valves et les prothèses.

«Les  équipements biomédicaux coûtant 28.000 à 32.000 DH seront à 10.700 DH. Ils demeurent chers quand même !», précise le ministre. Pour l’heure, la loi et les décrets d’application régissant cette baisse sont déjà prêts. Concernant le traitement de l’hépatite C, des comprimés ont été fabriqués au Maroc. Il est en période de stabilité qui dure 6 mois et prendra fin en novembre prochain pour que ce traitement soit commercialisé à 3.000 DH.

«Nous essayerons de l’intégrer dans les médicaments remboursés pour que les patients ayant l’AMO soient soignés à 0 DH», a indiqué le ministre qui a précisé que le nouveau médicament destiné à l’hépatite C est bien toléré et soigne les malades à hauteur de 95%. Ainsi le Maroc sera, à l’horizon 2020, l’un des rares pays sans hépatite C.

L’assurance maladie des indépendants chez le SGG

L’assurance maladie des indépendants (AMI) est toujours une question urgente aux yeux de M. Louardi qui a rappelé la tendance vers une couverture sanitaire intégrale. La tâche n’est pas aisée et le ministre le reconnaît. «40% des Marocains ne bénéficient pas de la couverture médicale.

Il s’agit des médecins du secteur privé, des dentistes, des artisans et des agriculteurs entre autres», a-t-il précisé. Pour l’heure, la loi régissant l’AMI est soumise au Secrétariat général du gouvernement. Dans ce cadre, le ministre de la tutelle a tenu mercredi dernier une réunion avec Driss Dehhak.

Une autre rencontre est prévue mercredi prochain pour accélérer le lancement de la couverture médicale pour les indépendants. «L’objectif étant d’améliorer les services sanitaires», a-t-il ajouté. Pour rappel, l’AMO, qui a couvert, en vertu d’une loi, 34% des bénéficaires, a été lancée en 2005. En 2012, SM le Roi Mohammed VI a initié le RAMED.

 

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