Si le port est encore port !

Il est surtout connu comme étant l’un des grands ports du continent africain. Le port est construit au fond de la rade très abritée entre les pointes rocheuses d’El’Hank au sud-ouest et de Oukacha au nord-est. Son infrastructure de base est mise en place dès les années 1920 et améliorée sans cesse depuis. En plus de la jetée de protection Moulay Youssef et celle des phosphates, longues respectivement de 3 180 et 985 mètres, le port dispose d’une jetée transversale de la même longueur que cette dernière, à hauteur des Roches Noires au nord-est. Au fil du temps, les questions de pouvoir adapter son fonctionnement aux changements nécessaires évoqués se posent avec acuité.
Il est primordial aujourd’hui de tenir compte de sa position dans le trafic urbain et des limites de ses installations, et de la réévaluation et quantification de son importance. Le nouveau wali, Driss Benhima en fait un objectif stratégique : «il faut ouvrir le port sur la ville», insiste-t-il. En dehors du trafic gigantesque, les activités du port sont surtout marquées par l’anarchie et la pollution de l’environnement. L’état des choses parle de lui-même lorsque l’on fait un tour devant les portes du port.
Devant la Comanav par exemple, c’est la débandade au quotidien. La circulation est bloquée, l’atmosphère est enfumée et des centaines de poids lourds occupant à longueur de journée toute la chaussée aux environs des portes du port. Un autre exemple tout aussi révélateur.
En 1997, le port de Casablanca a assuré 39,7% du trafic portuaire national avec 18,2 millions de tonnes.. En terme de trafic maritime, (navires ayant chargé ou déchargé au port), cela représente 90% de l’ensemble de ces bâtiments à l’échelle nationale. Dire que c’est trop pour Casablanca est un euphémisme. L’avenue des FAR étouffe aux heures de pointe. Et en passant par l’avenue Moulay Slimane, l’on peut voir des centaines de conteneurs entassés débordant de l’enceinte du port. La capitale économique n’en peut plus de ces longs camions chargés de conteneurs qui bloquent la circulation. Heureusement que M.Benhima va réagir.
La solution préconisée dans quelques mois, est de mettre sur pied un port «sec». Le choix du site est déjà fait à Sidi-Bernoussi. L’ONCF ayant donné son accord, les conteneurs voyageront désormais par voie ferrée pour déboucher sur le port sec. Et c’est dans ce site que le dédouanement aura lieu. Un fardeau qui pèse sur le dos de la ville blanche. Il est temps de l’en débarrasser.

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