Sida : dépistages gratuits dans 34 villes

Sida : dépistages gratuits dans 34 villes

Se battre contre le sida, c’est aussi réussir à banaliser le test de dépistage. L’Association de lutte contre le sida (ALCS) s’est donnée trois jours, du vendredi au dimanche dans 34 villes, pour appeler le public à se soumettre au test. Mais quelle surprise que celle de constater que le taux de participation à cette campagne a dépassé toutes les prévisions de l’ALCS. Le véritable besoin s’est avéré être l’accès au test de dépistage et non la sensibilisation à son importance. «On s’attendait à un maximum de 9000 demandes, mais rien qu’au second jour de la campagne, l’ALCS a réalisé exactement 4626 tests jusqu’à 19 heures seulement», déclare Moulay Ahmed Douraidi, coordinateur national des sections régionales de l’association. Avec un tel engouement, dans certaines régions, dont Rabat et Azemmour, les réseaux de l’association ont signalé des ruptures de stock. «En ce moment, c’est la région de Rabat qui bat le record de l’affluence avec plus de 300 tests de dépistage enregistrés les deux premier jours. Mais, dans les localités les plus éloignées, le succès enregistré est tout aussi important», précise M. Douraidi. Un exemple : Agdez où l’ALSC a dû travailler, samedi, jusqu’à minuit pour répondre à toutes les demandes qu’elle recevait. A Ouarzazate et à Laâyoune, les équipes de l’association ont effectué des tests de dépistage, le même jour, jusqu’à 22h.
Dans les villes où il n’y a pas de centre d’information et de diagnostic anonyme gratuit de l’ALSC, l’affluence a été remarquable. Ce que cela veut dire ? Eh bien tout simplement que l’accès au test doit absolument être élargi à toutes les régions du Royaume et à toutes les catégories sociales. L’ALCS compte ainsi agrandir son réseau, qui compte aujourd’hui 16 villes, à travers des partenariats avec des associations locales, comme le souligne son coordinateur national. Cette campagne de dépistage lui en a donné la preuve. L’ALCS a, à présent, toutes les raisons de transformer cette nouvelle initiative en un rendez-vous périodique comme il est le cas un peu partout dans le monde, notamment en France.
Mais pour arriver à ce bon résultat, il aura fallu s’y préparer, c’est-à-dire en informer le public. «On a procédé à une campagne d’affichage dans les pharmacies et les dispensaires et on s’est mis d’accord avec une société de transport urbain pour afficher l’information sur ses bus. Cela a facilité la médiatisation de la campagne auprès de tous les Marrakchis», explique le Dr. Othman Mellouk, de la section de l’ALCS-Marrakech. Dans la ville ocre, ce sont les endroits les plus populaires qui ont été ciblés, dont l’avenue des Princes où un stand mobile a fait escale pour accueillir toutes les personnes désireuses d’effectuer le test. «On a accueilli plus de 80 personnes depuis le lancement de cette campagne qui n’a pas seulement pour prérogative d’offrir un test de dépistage, mais en même temps faire en sorte que l’individu qui s’y soumet soit informé sur la prévention contre le sida», souligne ce médecin. Le test se compose ainsi de trois étapes, dont la première est celle du conseil. Il s’agit d’un petit entretien avec le médecin sur les raisons pour lesquelles la personne vient effectuer le test. Le prélèvement sanguin pour le test rapide vient ensuite. Le patient n’a plus qu’à attendre 15 à 20 minutes pour avoir le résultat. «Le médecin lui donne le résultat et les recommandations qui vont avec. S’il est négatif, il lui explique les moyens de se préserver du sida. Si le test est positif, c’est de la prise en charge qu’il s’agira», indique Dr. Mellouk. Des tests positifs, cette campagne en a enregistré. Pas de chiffre, pour l’instant, mais le plus important est d’intervenir au bon moment. «On s’est battu pour les traitements. Maintenant, il faut permettre à tous d’en profiter. La moitié des personnes porteuses du VIH ne le sait pas et c’est pourquoi le test de dépistage doit être banalisé afin que le virus puisse être détecté à un stade précoce», souligne ce médecin. La campagne nationale aura servi à mettre l’accent sur la nécessité pour chaque citoyen de subir le test. Si vous ne l’avez pas encore fait, c’est le moment d’y aller.

Question de moyen

Les journées nationales du dépistage du VIH sont financées par le Sidaction 2005 et l’ambassade du Royaume des Pays-Bas. Ces journées auxquelles s’ajoute la caravane de l’ALCS au rif profitent donc d’une subvention d’un million de dirhams. La campagne de l’ALCS a bénéficié de la collaboration d’un grand nombre de partenaires, dont le ministère de la Santé, les ONG et le secrétariat d’Etat chargé de la Jeunesse.
Les tests de dépistage, ce n’est pas une affaire de trois jours, mais de tous les jours. Toute personne désireuse de s’y soumettre n’a qu’à se présenter dans l’un des centres de dépistage le plus proche.

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