Sida : Un cas inquiétant de double infection

La découverte d’un cas de surinfection pourrait être une mauvaise nouvelle pour les stratégies thérapeutiques basées sur des interruptions temporaires du traitement anti-sida et pour le développement d’un vaccin, selon des travaux d’une étude récente.
L’équipe décrit le cas d’un patient traité précocement chez lequel la multiplication du virus a pu être maîtrisée pendant près d’un an, avant d’échapper à tout contrôle, probablement après qu’il se soit contaminé lors d’un rapport sexuel non protégé avec une souche voisine du virus.
Le traitement initial a été poursuivi, mais entrecoupé de pauses thérapeutiques. Ces thérapies avec arrêts et reprises, encore controversées, ont notamment pour but de réduire les effets indésirables des puissantes molécules anti-sida.
Selon certaines théories, la maîtrise des niveaux sanguins de VIH obtenue par ces traitements intermittents, serait due au renforcement des défenses immunitaires, notamment de l’infanterie lourde formée des cellules « CD8 » qui tuent les cellules infectées par le virus, probablement aidées par d’autres globules blancs, les « CD4 ».
Mais chez ce patient, à la troisième pause, les niveaux sanguins de virus ont rebondi à la hausse plus rapidement que d’habitude, deux semaines à peine après avoir stoppé la trithérapie, et le système immunitaire a échappé à tout contrôle.
Les chercheurs ont découvert par de fines analyses que ce patient avait contracté une deuxième souche du virus, très voisine de la première mais suffisamment différente pour désarçonner ses défenses immunitaires.
Selon les chercheurs, c’est « la première fois que l’on montre qu’un individu peut contracter deux souches de virus très proches », appartenant au groupe B du VIH.
Pour cette équipe, les implications de cette surinfection ne sont pas encore claires, sauf en termes de santé publique : « les précautions lors des rapports sexuels sont impératives, même quand les deux partenaires sont infectés par le VIH ».
Ce cas montre qu’un vaccin contre une souche de VIH ne protégerait pas nécessairement contre une souche très voisine, relève l’équipe.

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