Sidi Moumen : de nouveaux suspects devant la justice

L’affaire de la cellule terroriste d’Abdelfettah Raydi, le kamikaze tué par sa bombe dans un cybercafé, le 11 mars à Sidi Moumen, revient sur le devant de la scène. Sept nouveaux suspects, dont deux considérés comme « des éléments dangereux dans la préparation des actes terroristes », ont été présentés mardi et mercredi devant le juge d’instruction de l’annexe à Salé de la Cour d’appel de Rabat, portant à 31 le nombre des personnes impliquées dans l’explosion terroriste de Casablanca.
Le juge a ordonné la détention de cinq personnes à la prison de Salé, alors que deux autres ont obtenu la liberté provisoire. Parmi les suspects écroués, figurent Hicham al Moumni, interpellé le 26 mars dernier à Dakhla, et Abdelaziz Raquich, arrêté le 23 du même mois non loin du lieu de l’attentat, dans le quartier Anassi, à Casablanca.
Ce dernier, qui a été auditionné hier mercredi par le juge d’instruction du tribunal de Salé, avait mis les services de sécurité à ses trousses après avoir laissé sa carte d’identité dans une chambre au quartier Moulay Rachid où les kamikazes, Abdelfettah Raydi et Youssef Khouydri, stockaient les explosifs. Traqué par la police qui le surveillait depuis une dizaine de jours à Sidi Moumen, A. Raquich s’était réfugié dans un immeuble du quartier Anassi où il avait pris comme otages les membres d’une famille avant de se diriger vers la terrasse où il a menacé, à maintes reprises, de faire exploser la bombe qu’il transportait dans un sac à dos. Il n’en fut rien. Le fil électrique qu’il présentait comme étant un détonateur n’était relié à aucune charge explosive.
A. Raquich, originaire du douar Sakouila (Sidi Moumen), doit répondre à présent de plusieurs chefs d’accusation, dont «la constitution d’une bande criminelle dans le but de préparer et de commettre des actes terroristes visant à troubler l’ordre public par le biais de la violence et de la peur», «l’adhésion à un groupe religieux extrémiste interdit» et «réunions publiques sans autorisation».
Des sources de son entourage avaient essayé, au lendemain de son arrestation, de faire accréditer la thèse de sa « maladie mentale ». Une thèse infirmée aussitôt par l’investigation menée par les services de sécurité, qui s’est soldée par la découverte, dans la chambre où il a omis sa carte d’identité, au quartier Moulay Rachid, d’une importante quantité d’explosifs identiques à ceux ayant servi aux attentats terroristes du 16 mai 2003.
Ce qui a porté une source sécuritaire à conclure que «l’acte terroriste alors en préparation était bel et bien réfléchi». Hicham al Moumni, arrêté fin mars à Dakhla, est également considéré comme « l’un des éléments dangereux dans la préparation des actes terroristes ».
Lors de son audition mardi dernier au tribunal de Salé, il a été confronté aux mêmes accusations. Parmi les prévenus déjà auditionnés par le juge d’instruction, figure le candidat-kamikaze Youssef Khoudri blessé par la déflagration de la bombe que son complice Abdelfettah Raydi avait actionnée. Il en va de même de 23 autres prévenus, arrêtés dans le cadre de la même affaire à Casablanca, Salé, Kénitra et Agadir.

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