Sidi Moumen séduit à Washington

Sidi Moumen séduit à Washington

Ils sont partis et ils sont revenus ! La tête pleine de souvenirs et d’idées nouvelles et le cœur battant d’une puissante détermination : partager avec leurs familles, leurs amis, leurs voisins, la formidable expérience de ce voyage aux Etats-Unis organisé par l’Association internationale des villes jumelées, relayée au Maroc par l’Association de Jumelage Casablanca-Chicago (Cf ALM n° 1193).
13 lycéens et étudiants casablancais, venant du lycée Mohammed VI de Sidi Moumen,du lycée Ben M’Sik, de l’Université Hassan II ben M’Sik et de l’Ecole supérieure du commerce et des affaires, étaient d’ailleurs réunis hier après midi dans les locaux de l’association Casablanca-Chicago pour remettre leurs rapports de voyage et répondre aux questions des journalistes invités à les venir les rencontrer.
Hind, Sakina, Hibat Allah, Yassine Ayoub, Samira et Khalid, entre 18 et 19 ans, bacheliers ou en 1ère année d’université, sont donc venus témoigner de ce que ce voyage a fait d’eux et de ce que leur vie pourra désormais devenir depuis qu’ils ont traversé l’Atlantique pour participer, en qualité d’ambassadeurs extraordinaires de leur pays, au Sommet International de la jeunesse placé cette année sous le thème de la citoyenneté mondiale.
Yassine, bachelier et passionné de Capoeira, commence par souligner à quel point, comme beaucoup d’autres jeunes Marocains, ils avait tendance à s’auto-déprécier. La mini-pièce de théâtre qu’il a présentée lors d’une rencontre qui opposait, dans le cadre du programme d’activité de ce voyage, n’en a pas moins été classée parmi les dix premières sur 500.  L’occasion pour Sakina, sa partenaire de scène et qui s’est fait remarquer, dès son retour au Maroc, par l’obtention du prix du meilleur espoir féminin au Festival du théâtre universitaire, de dire sa fierté d’avoir dignement représenté le Maroc, sa jeunesse et ses potentialités.
Visiter les Etats-Unis ? C’était le rêve de Samira, bachelière en lettres modernes et native du quartier de Sidi Moumen. Samira qui souligne avec force l’injustice faite à son quartier, victime de marginalisation mais surtout, d’étiquetage. Alors, elle s’est fait un devoir d’expliquer aux Américains qu’elle a eu l’occasion de rencontrer qui sont vraiment les jeunes de Sidi Moumen et à quel point ils sont prêts à s’ouvrir sur le monde pour peu qu’on leur en donne l’occasion.
«We can promote peace on earth », nous pouvons promouvoir la paix dans le monde, reprend Ayoub, qui analyse avec une impressionnante maturité le processus par lequel ce voyage a fait de lui le vecteur d’une dynamique de citoyenneté mondialisée, mais au bon sens du terme : penser globalement pour mieux agir localement, c’est son nouveau credo et il est bien décidé à le mettre en pratique désormais. Khalid, lui, se plait à imaginer que de tels échanges puissent également concerner des familles entières, une façon encore plus concrète, selon lui, de promouvoir l’amitié entre les peuples.
Hibat Allah parle, quant à elle, de son voyage comme d’une préparation à sa vie d’étudiante. Elle qui rêvait de faire la médecine, la voilà qui se sent particulièrement motivée désormais pour s’inscrire à l’ESCA et étudier le commerce et le « management ». Heureusement que Hind, tout aussi pénétrée que ses camarades de la mission de représentation qui leur incombait, finira par admettre que ce voyage fut aussi l’occasion de distraire, de se détendre, de s’amuser et de profiter de la vie.
« Fun in America, Hemm in Casablanca…» le sourire malicieux, Yassine, très branché musique, mi-hayha mi-gnawi, cite Hoba Hoba Spirit. Mais il faut croire que malgré toutes les occasions que ces jeunes Casablancais, qu’ils soient issus d’Anfa, de Ben M’Sik ou de Sidi Moumen, ont eu de prendre du bon temps en Amérique, ils n’ont jamais manqué une occasion de faire valoir leurs talents, leur créativité sans compter leur maîtrise de la langue de Steinbeck. Au point qu’il semblerait que des quinze nations représentées lors du Sommet de la jeunesse mondiale et des ateliers organisés dans le cadre de ce voyage, la délégation marocaine fut la plus remarquée, pour la plus grande fierté de Boubker Mazoz, président de l’Association Casablanca-Chicago, de MM. Daiz et Raki et de Mme Nazihi, les trois enseignants chargés de l’encadrement de nos jeunes ambassadeurs à Washington. Et à présent ? Bien décidés à entretenir l’esprit de ce voyage et surtout, leur exceptionnelle relation d’amitié, les membres de ce groupe de jeunes Casablancais se déclarent prêts à se mettre au service de leur pays, pour peu qu’on leur en donne l’occasion. Les moyens, désormais, ils les ont.

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