Sidi Moussa : un incendie mal éteint

Sidi Moussa : un incendie mal éteint

L’horrible incendie qui a ravagé, durant la nuit du 1er novembre 2002, la prison de Sidi Moussa à El-Jadida “ne s’est pas complètement éteint”. Les familles des victimes qui y ont péri vivent encore avec les malheureux souvenirs de ce drame. 49 prisonniers ont perdu la vie durant cette nuit par asphyxie ou par de mortelles brûlures.
Des dizaines d’autres ont été gravement brûlés. Située dans le périmètre urbain d’El Jadida, la prison de Sidi Moussa, d’une capacité de 940 places, abritait au moment de ce dramatique incendie 1.313 détenus.
Profondément touchées par les dégâts causés par cet incendie, les familles attendent tout de même à une indemnisation de la part du ministère de la Justice. « Ce département avait en fait proposé des indemnisations dérisoires en 2003. Chose qui a poussé l’ensemble de ces familles à les refuser et à demander une augmentation des montants, vu que certains prisonniers représentaient les seuls ressources financiers pour leurs proches», raconte Abdessalam Assal, représentant de ces familles, mais également membre du bureau de l’Association marocaine des droits de l’Homme (AMDH) à El-Jadida. Et d’ajouter : «C’est ainsi que le ministère de la Justice a prévu 10.000 Dh pour l’épouse, 10.000 Dh pour chaque enfant et 5.000 Dh pour chacun des parents. Ce sont-là des sommes minimes qui ne peuvent faire vivre une veuve, un orphelin ou un parent dans la dignité !». Le refus des familles a été pourtant suivi par une proposition formulée à l’égard du département de Mohamed Bouzoubaâ. C’est ainsi qu’une rencontre a eu lieu, le 6 mars 2003, entre les représentants de ce ministère et ceux des familles pour discuter des demandes de ces derniers et définir les moyens d’attribution des indemnisations.
« Nous nous sommes ainsi mis d’accord pour la préparation d’une expertise, basée sur une étude détaillée sur chaque victime, et sur laquelle le ministère de la Justice définira la nouvelle base des indemnisations », note Abdessalam Assal. Mais les familles de ces 49 prisonniers victimes ne sont toujours pas à bout de leurs peines puisqu’elles attendent toujours d’être indemnisées de manière conséquente.
En fait, l’élaboration de cette nouvelle expertise a revu à la hausse le montant des dommages pour les familles. « À titre d’exemple, une famille qui devait recevoir 45.000 Dh obtiendra, selon cette étude, 149.000 Dh. Nous avons pris en considération plusieurs paramètres, notamment la profession des épouses, le nombre d’enfants ainsi que l’âge des parents », précise-t-il. Mais, leurs multiples demandes au ministère de la Justice pour débloquer ces sommes sont restées sans réponse. En désespoir de cause, ces familles viennent d’adresser une lettre ouverte à Mohamed Bouzoubaâ. Après trois d’années d’attente, elles sollicitent le ministre pour mettre fin à leurs souffrances.

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