SITA-mairie de Casa : Un «divorce» coûteux ?

SITA-mairie de Casa :  Un «divorce» coûteux ?

Le délégataire affirme qu’il doit 126 millions de dirhams à la ville

SITA Blanca affirme avoir pris acte de la décision de la mairie et s’attend à l’ouverture des négociations.

Après la résiliation de contrat, place aux négociations maintenant. En effet, le Conseil de la ville de Casablanca a voté, vendredi, à une écrasante majorité la résiliation du contrat de gestion déléguée des déchets ménagers avec la société française SITA Blanca du Groupe Suez. Cette dernière affirme avoir pris acte de la décision de la mairie et s’attend à l’ouverture des négociations. «SITA Blanca a pris acte ce jour, 15 septembre, de l’autorisation donnée par le conseil municipal au maire de résilier le contrat de collecte des déchets ménagers et de propreté urbaine de la ville de Casablanca qui le liait depuis 2014 à l’entreprise, filiale du Groupe Suez. SITA Blanca entre dans un processus de discussion avec la Ville de Casablanca et les autorités de tutelle afin d’étudier ensemble les modalités d’une sortie négociée», apprend-on auprès du management de l’entreprise.

Autrement, la résiliation ne sera pas «gratuite». Difficile à ce stade d’avoir un chiffre sur les montants d’indemnités qui seront versés à SITA. De son côté, le maire de Casablanca, Abdelaziz El Omari, parle de décision «historique et audacieuse», car elle répond, selon lui, «aux attentes des citoyens dépités par l’état de la propreté dans leur ville, qui ne peut contenter personne». Si la ville à choisi la voie de la résiliation, c’est pour plusieurs raisons indiquées par El Omari. «La mesure fait suite à la multiplication des manquements de la société délégataire, au non-respect de ses engagements contractuels et au rapport noir élaboré par Casa Prestations», a-t-il fait savoir ajoutant que trois mises en demeure ont déjà été adressées à SITA. Au total, la société française aurait déjà cumulé quelque 130 millions de dirhams depuis son entrée en service, en 2014 sous forme de pénalités.

Les responsables de la ville affirment dans ce sens que la société aurait commis 200 infractions quotidiennement à cause du non-respect du cahier des charges, la persistance de «points noirs» et l’absence ou l’insuffisance de conteneurs à déchets. Mais la société délégatrice ne voit pas les choses ainsi. «Satisfaite de ces résultats, en 2014, la commune urbaine de Casablanca a renouvelé sa confiance à SITA Blanca, à l’issue d’un appel d’offres pour assurer pour la collecte des déchets ménagers et la propreté urbaine de 4 préfectures et de la municipalité de Méchouar, soit 1,5 million d’habitants et près de 500.000 tonnes de déchets produits par an, pour une durée de 7 ans», explique la direction de l’entreprise. Mais le point de discorde entre les deux parties semble être la demande faite par SITA afin de revoir son contrat. «Comme l’autorise le contrat, SITA Blanca a demandé en février 2017 la révision du contrat pour adapter les conditions d’exécution des services dans leurs dimensions techniques et économiques», informe SITA. Celle-ci affirme cependant que ce processus n’a pas abouti à son terme, «malgré les efforts de dialogue engagés par SITA Blanca». De ce fait, elle a adressé en août 2017 une demande de conciliation au wali de la Région de Casablanca-Settat. Il semble par ailleurs que la ville aurait une dette de 126 millions de dirhams vis-à-vis de l’entreprise qui parle de «difficultés de paiement» chez le conseil de la ville.

Casa Prestations prend le relais

Le Conseil a chargé Casa Prestations, une société de développement local (SDL), de gérer le secteur de propreté pour une durée transitoire de 6 mois, dans l’attente de l’élaboration d’un cahier des charges. Abdelaziz El Omari a expliqué que le choix de Casa Prestations reste «la solution idéale», du fait que celle-ci dispose d’une connaissance parfaite des contraintes et des besoins en matière de gestion des ordures ménagères dans la métropole.

Il s’est également montré rassurant sur l’avenir des 1.735 employés et 581 agents communaux travaillant dans le secteur de la propreté, qui «seront maintenus à leur poste» et dont les droits «seront protégés durant la période transitoire et au-delà». Le maire a, dans ce sens, salué les efforts fournis par les employés du secteur et les sacrifices consentis tout récemment à l’occasion de l’Aïd Al-Adha.

20 millions d’euros d’investissements

Selon les responsables de SITA, «20 millions d’euros ont été ainsi investis, notamment dans la mise en service d’une flotte de 195 véhicules répondant aux dernières normes de sécurité et environnementales EuroV ; équipés d’un système de géolocalisation et des outils informatiques déployés pour le suivi de la prestation et du matériel».

La même source explique que «des difficultés sont tout de même apparues compte tenu des besoins grandissants de la ville et des pratiques d’une partie des habitants qui n’a pas permis d’atteindre les objectifs de collecte attendus». En dépit de cette situation, SITA Blanca a mis en place des moyens supplémentaires à sa charge (50% de tournées de collecte supplémentaires comparé à ce qui était initialement prévu) afin de fournir un service de qualité). Par ailleurs,  SITA évoque «les difficultés de paiement de la ville» qui ont constitué «une dette dans les comptes de SITA Blanca, la mettant en difficulté aussi bien vis-à-vis des collaborateurs pour le versement des salaires que de ses fournisseurs».

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