Skhirat : colère des familles des victimes

«Il y a des cas sociaux urgents qui nécessitent une intervention rapide sur le plan médical, social et économique ». Ce constat a été dressé samedi 4 mars 2006, lors de l’assemblée générale extraordinaire tenue par l’Association des familles des victimes du coup d’Etat du 10 juillet 1971. Contacté par « ALM », le président de cette association, Mohamed Mazouzi, a fait état de plusieurs décès enregistrés ces derniers jours. Le dernier en date serait intervenu pas plus tard qu’au mois de février 2006. Ce nombre de décès, a averti le président de l’Association, « est susceptible d’augmenter en l’absence d’une action urgente de la part des autorités ». S’agissant des enfants des victimes, près de 22 orphelins, et plus de 250 nièces et neveux, seraient dans «une situation lamentable», a indiqué le responsable. Et d’ajouter : «La plupart des familles des victimes touchent entre 1000 et 5000 dirhams en guise de pension mensuelle». Ce qui reste, à ses yeux, «très insuffisant » pour que ces familles puissent faire face à leurs « multiples handicaps sur le plan médical, psychologique, social et matériel ». D’où cet appel pour « la révision à la hausse des montants des pensions octroyées aux veuves, l’indemnisation des familles, la garantie de la couverture médicale et l’emploi aux fils des victimes, au chômage», et autres revendications communiquées lors d’une assemblée destinée à faire l’évaluation d’une situation jugée de «lamentable» par le président de l’Association, M. Maâzouzi. Lors de cette assemblée, la présence de l’Instance Equité et Réconciliation (IER), représentée par M. M’Barek Boudarga, n’est pas passée inaperçue. Intervenant, au nom de l’IER, ce dernier a souligné que l’Instance a décidé « d’intégrer l’affaire des familles des victimes dans le dossier des graves violations passées des droits de l’Homme», ajoutant que l’IER «considère que les familles des victimes ont le droit à l’indemnisation matérielle, à la couverture médicale et à l’intégration sociale de leurs fils». Interrogé sur ce point, le président M. Maâzouzi nous a dit que l’IER « avait fait son travail ». Seulement voilà, regrette-t-il, «les recommandations de l’IER concernant des cas urgents n’ont pas été suivies». A rappeler, à cet effet, que des membres de l’IER, MM. Iznasni, Bouatleb et Raïssouni, avaient tenu le 14 novembre 2005, au siège de l’Instance, à Rabat, une réunion avec des représentants de l’Association. 
Créée en 2000, l’Association des familles des victimes des événements de Skhirat, déplore M. Maâzouzi, n’aurait «reçu jusqu’ici aucune aide de la part du gouvernement».
L’assemblée, qu’elle a tenue samedi, résonne comme un cri de détresse.

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